Les Corps Francs "Vengeance" et la libération

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Les Corps Francs "Vengeance" et la libération

Message  MLQ le Mer 17 Mar 2010, 18:10

Bonjour
Extrait de ce livre :
http://www.flickr.com/photos/mlq/4414241644/
pages 257 à 264

-----LES GROUPES « VENGEANCE» DE BRETAGNE ET LA LIBERATION
ST-POL DE LÉON.
Nos éléments prennent le maquis et s'installent à Coat en Forest. Le 8 Juin, ils sont attaqués par des SS et des parachutistes allemands. Les effectifs de nos unités se montent à 486 hommes. Dans la nuit du 7 au 8 Juillet, notre groupe de Pont-Eon est encerclé par l 'ennemi ; il réussit une percée et, après un vif combat, il se replie en emportant quatre morts de l'autre côté de la Penzé.

Les différents groupes de « Vengeance » nettoient toutes les défenses ennemis des environs, ils libèrent Roscoff, y ramassant 34 prisonniers:
Ils délivrent également les environs de St-Pol, Siberil, Santec. Un bataillon « Vengeance » fut mis sur pied le 13 Août, le Capitaine Bellec, F.F.I., et Jaouen furent adjoints au chef de ce bataillon, deux compagnies de ce bataillon furent destinées à la garde de prisonniers allemands, la première à Morlaix (camp de Coat-Suho), l'autre, sous le commandement du Lieutenant Le Gall à Roscoff (camp de St-Luc).
DOUARNENEZ.
Le 6 Juin, ordre est donné aux groupes d'action de prendre le maquis; les liaisons seront assurées par Mlle Seznec et Hernandez, et Madame Gestin, le ravitaillement organisé par Guy Arnous et Yves Le Berre. Jacq et ses hommes rejoignent le maquis de Kernoalet le 10 Juin ; le commandement militaire est assuré par « Le Fur » assisté de ChancerelIe; Hernandez est adjoint administratif. Le sabotage intensif commence; les câbles téléphoniques souterrains d Audierne à Crozon sont mis hors d'usage, ainsi que les câbles aériens. Le maquis comporta environ 200 personnes.
Le 18 Juillet, il est cerné par 400 allemands.
Le 4 Août, Hernandez, Arnous, Leronge, Le Berre, et Mens se présentent au service douanier allemand (G.A.S.T.) et font prisonniers les 60 hommes de ce service qui sont internés dans la salle du patronage « Stella Maris », De nombreuses armes sont capturées. (Mausers, mitrailleuses, F.M., mitraillettes, grenades et munitions). Une tentative semblable sur la Kommandantur échoue, Des combats éclatent un peu partout dans la ville. Deux voitures sont attaquées aux F.M. et incendiées, cinq allemands sont faits prisonniers. Marius Leronge et Guy Arnous sont blessés. La Kommandantur est assiégée sans succès.
Le 5 Août, 50 Allemands qui tentent une sortie de la Kommandantur sont refoulés. Un convoi de sept camions est attaqué (un tué, 4 prisonniers). Un blockhaus des Plomarchs est enlevé par le groupe Arnous (15 prisonniers). Deux autres prisonniers sont faits. Le 5 Août, un convoi de trois camions chargés de dynamite est attaqué et capturé. 4 tonnes d'explosifs sont jetées à la mer. (Maurice Seyssen et Raymond Allo).
Le 6 Août, les allemands font une contre-attaque et incendient des maisons, mais le 8, ils évacuent la ville.
Le 10 Août, un bataillon F.F.I. est constitué, les éléments « Vengeance» au nombre de 312 y participent et forment en totalité la 1re compagnie, qui, sous les ordres d' 'Hemandez participe aux combats de Beuzée (26 Août) et de la presqu'île de Crozon (29 Août). Auparavant, le 20, la compagnie a participé à la libération d'Audierne.
PLOERMEL.
Nos éléments de Ploermel participent à tous les combats de la région. Le 18 Juin, une auto montée par le groupe 790 de la Feldgendarmerie est capturée avec ses occupants.
MAQUIS DE HEULÉE.
Sous les ordres de « Le Borgne », la section quitte le maquis le 7 Juillet. Elle arrive le 11 au maquis de St-Marcel après que 2 membres de notre 1 groupe aient été pris et fusillés par les Allemands. La section est un moment adjointe à la compagnie Cadoudal et subit une attaque de 2 jours consécutifs de la part des allemands qui sont repoussés. La compagnie Cadoudal ayant été relevée, la section Lerouge soutient un nouvel assaut le 18 Juin. Elle est obligée de se retirer devant un ennemi supérieur en nombre. Elle se regroupe, reçoit un parachutage important (50 containers), qui lui permet de s'équiper entièrement. Ainsi réorganisée elle attaque et libère, le 2 Août, Taupont et est citée. Elle prend part activement à la libération de Ploermel, Lozat, Montertelot. Puis, sur ordre, elle part pour la libération du territoire de Nantes; elle occupe l'île de Baubec, sous le feu des mortiers allemands et subit des pertes. Nantes libérée, elle prit position sur le front de la Vilaine.
QUIMPER.
Dans la région de Quimper, nos groupes, sous la direction du Capitaine Nicolas, prennent leurs dispositions de Combat dès le 6 Juin 1944. Le capitaine Pezennec, chef d'arrondissement, leur confie trois des huit secteurs de sabotage centrés par la ville (secteurs 5, 6 et huit). Nicolas assure lui-même, avec Moraud comme adjoint, le commandement du 5e secteur, Patrik celui du 6e, Bobour celui du 8e. D'autres groupes de « Vengeance » servirent à compléter les effectifs des autres secteurs, en particulier dans le 3e; (Le Bras). Nos hommes étaient dans l'ensemble peu armés; ils occupèrent néanmoins le terrain qui leur était assigné et effectuèrent des actions sans nombre contre les câbles téléphoniques, les réseaux routiers et ferroviaires. L'armement fut complété peu à peu, par des agressions sur les patrouilles ennemies. Ces actes firent redoubler la surveillance allemande. Cinq de nos hommes du secteur 3 furent surpris par l'ennemi : trois furent tués et les 2 autres blessés. Des représailles furent également faites par les allemands dans les autres secteurs et 12 F.F.I. furent massacrés dont le chef de secteur (27 Juin).
Au mois de Juillet, les effectifs augmentèrent et « Vengeance» rassemblait près de 3 compagnies au complet. Le contact fut pris par Nicolas avec les officiers de liaison alliés.
Ce n'est qu'au mois d'Août que nos hommes reçurent enfin un armement suffisant, dont 15 F.M. Il Y eut quelques parachutages, mais tous les volontaires qui affluaient dans la région ne purent être armés convenablement. Le 4 dans la soirée, la 5e compagnie pénétra dans Quimper et eut un accrochage avec les troupes allemandes demeurées dans la ville. Elle eut trois blessés, dont le chef de section Laurent et récupéra quelques véhicules, ainsi que des armes. Le lendemain passa en harcèlements incessants sur le flanc d'une colonne allemande qui pénétra dans Quimper en provenance de la côte. La 5e compagnie fut rejointe le 6 par la 6e et l'encerclement de la ville fut réalisé grâce aux troupes des autres mouvements (Libé-Nord et F.T.P.). Le 8, une série d'engagements avec des convois qui tentaient de sortir de la Ville permit d'abattre 6 ennemis et d'en blesser beaucoup d'autres. Mais le gros des troupes allemandes parvint néanmoins à quitter la ville sous la protection de ses armes lourdes, après un combat sévère sur la route de Concarneau.
Du 15 au 22 Août, les 5e et 6e compagnies furent dirigées sur la presqu'île de Crozon où une division allemande tenait encore. De concert avec des unités de l'O.R.A. et F.T.P., leur rôle était d'empêcher l’ennemi de s'en aller jusqu'à l'arrivée des troupes américaines, qui eut lieu le 27. Les unités F.F.I. attaquèrent du 28 Août au 2 Septembre, à Saint-Nic et Telgruc, en particulier. Nous perdîmes 5 tues et 6 blessés au total.

La plupart des volontaires de « Vengeance » s'engagèrent ensuite à la 19" DI et se firent remarquer sur le front de Lorient.
LOIRE- INFÉRIEURE.
Roger Fonteneau, dit « Henri » dirigeait un groupe qui réunissait de nombreux hommes Il fut confirmé dans son commandement par Pradel, chef de la Région « M », le 4 juin. Le passage a l’action fut .décidé malgré de vifs incidents soulevés par Guimard et Morice (Morbihan) contre nos responsables « Henri » et « Jean » (Henri Lamy). C'est à cette époque que se place l'arrestation de Victor Oliveaux (Thomas) qui était allé aux ordres à Paris ; Il devait mourir en prison.
Le 11 juillet, les groupes de Teillay et de Châteaubriant, conduits par Linart et Janneau sont attaqués à La Hunaudière par une formation ennemie qui laisse sur le terrain 4 morts et 4 prisonniers.
Le groupe Dehaies entrave la circulation routière en pratiquant des abatis d'arbres. L'écluse de Hery sur le canal de Nantes à Brest, saute grâce aux groupes Marionneau (6 Juillet). « Jean » et Guillet apportent de Nantes, malgré 5 barrages allemands de l'armement pour 30 hommes (15 Juillet). '
Une section allemande est attaquée, le 24 Juillet, par le groupe « Jean », à Petit Mars et subit des pertes. Des attaques de convois ont lieu avec succès, du 26 Juillet au 3 Août; de nombreux véhicules sont détruits (5 prisonniers).
Châteaubriant est enlevé le 4 Août par les groupes Linart et Jeanneau, qui font 21 prisonniers. Le même jour, une série d'engagements à Pannecé et la Chère permettent d'anéantir 25 allemands et d'en capturer 20. Nous perdons 4 hommes.
<, Le 5 Août, prise officielle de contact du commandant « Henri » et de « Jean » avec le colonel « Félix », chef F.F.I. de la Loire-Inférieure, le capitaine américain Pual Cyr et le capitaine Phi-lippe.
6 Août : un ardent combat oppose nos groupes du Teillay et de Chateaubriant à l'ennemi qui perd 20 prisonniers.
Le 7, Marionneau, qui avait été capturé par les allemands à la Chevalleraye et condamné à mort, parvient à s'enfuir.
Le 9, vif engagement à Guéméné, qui nous coûte 5 blessés.
Le 12, le commandant « Henri », qui désormais s'occupera des affaires civiles, laisse la direction de nos unités au lieutenant de Torquat.
Le 20, nos groupes de Guéméné attaquent devant Conquereuil et font 5 prisonniers.
Le 27, le groupe Carquegon attaque et détruit 2 automitrailleuses (15 ennemis tués, 3 prisonniers). Pendant la nuit, au cours d'une embuscade à Plessé, 2 ennemis sont abattus. .
De multiples engagements de patrouilles ont lieu pendant toute cette période. (Écluse de Melneuf, Fégréac).
Le 1er Septembre, les Corps Francs « Vengeance » forment officiellement le 3e bataillon F.F.1. de la Loire-Inférieure et se rassemblent à Guéméné-Pengao. Plessé est pris. Une contre-attaque allemande, avec les effectifs d'une compagnie est enrayée après 6 heures de combat,
Le 4, une nouvelle attaque est repoussée. L'ennemi se retire en abandonnant des armes mais l'adjudant Ermouin est tué. .
Le 3e bataillon F.F.1. « Vengeance» occupe par la suite un secteur difficile de la poche de Saint-Nazaire, jusqu'au 7 Décembre, date à laquelle il est relevé.
De nombreux groupes « Vengeance» combattirent encore dans différents secteurs de Bretagne. Citons le groupe Saunier dont les membres combattirent avec les troupes américaines jusqu'au Luxembourg.

MLQ

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Corps Francs Vengeance en Bretagne.

Message  LE BERRE le Mar 30 Mar 2010, 20:05

Bonsoir Michel,

Ce livre est une pièce de collection. Il illustre une époque où des groupes, mouvements... revendiquaient sans
complexes une grosse part de la libération de la Bretagne. Idem pour celui d' Edgard Thomé - Compagnon
de la Libération - dans le Finistère. ALB

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Re: Les Corps Francs "Vengeance" et la libération

Message  MLQ le Mer 31 Mar 2010, 11:00

Bonjour
Ce livre m'a été offert !
Les effectifs donnés sont effarants

MLQ

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