Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

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Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  Pierre-Antoine le Jeu 24 Avr 2008, 20:18

Amis Bretons, ce que je vais sans doute vous apprendre sur votre passé, ne doit pas engendrer votre courroux, mais vous faire sentir qu'il s'en est fallu de très peu que la majorité de vos ancêtres aient fait le mauvais choix en juillet 1940…

Comme vous avez dû l'apprendre les armées françaises ont été très rapidement écrasées par les armées allemandes, et ce en 46 jours seulement (du 10 mai au 24 juin 1940). Vous savez également que l'Allemagne a occupé la zone dite "Nord" (60% du territoire national) et laissé au gouvernement de Vichy la zone dite "libre" (40%). La Bretagne faisait bien entendu partie de la zone occupée.Mais ce que vous ne savez sans doute pas, c'est que les Allemands ont failli réussir de très peu leur coup visant à séparer définitivement la Bretagne de la France, et ce bien sûr à leur profit…

Il faut bien comprendre qu'après le 25 juin 1940, tous les Français étaient assommés par une défaite si rapide. Le Gouvernement de Vichy a rapidement trouve un bouc émissaire : le Front Populaire et plus particulièrement le sous-secrétariat d'Etat aux Sports et à l'organisation des Loisirs. "L'organisation des loisirs", voilà bien ce qui nous avait plombé : pendant que les "Boches" travaillaient à plein pour leur matériel militaire, le gouvernement du Front Populaire ne pensait qu'à favoriser les loisirs !… Et ce fut un des thèmes principaux du procès de Riom attentés aux responsables du Front Populaire (Léon Blum en tête) en février 1942. Et on n'a cessé dans la presse aux ordres de l'Etat Français de fustiger ce sous-secrétariat d'Etat. Mais pas le sous secrétaire d'Etat lui-même, car le Maréchal Pétain y a mis son véto personnel : il ne voulait pas qu'on salisse la mémoire d'un soldat français tombé au champ d'honneur…

En effet, Léo Lagrange a été tué au front le 9 juin 1940 à Evergnicourt dans l'Aisne en défendant courageusement le sol national. Il faut souligner que Léo Lagrange (né le 28 novembre 1900 à Bourg-sur-Gironde en Gironde) était député d'Avesnes-sur-Elpe (Nord) lors de la mobilisation générale le 2 septembre 1939 et aurait pu ne pas aller au front. C'est volontairement qu'il est devenu soldat. André Malraux a dit de lui : « Il est mort dans le courage, dans la recherche de la vérité et dans la dignité. C'était un homme que nous aimions. »

Et la Bretagne dans tout ça ?… Il faut savoir que depuis 1881 et l'école publique, laïque, gratuite, et obligatoire, les "Hussards noirs de la République" pourfendaient le parler breton et adoraient le système du sabot : celui qui prononçait un mot de breton se voyait attaché un petit sabot de bois autour du coup et devait pour s'en débarrasser dénoncer un autre écolier qui avait ensuite commis ensuite la même "infraction". Le dernier qui détenait le sabot le soir était puni !… Grâce à ce système la langue bretonne a rapidement décliné dans les écoles. Il y avait bien des autonomistes bretons, mais les autorités politiques de la Troisième République les faisaient surveiller de près par les gendarmes, qui les incarcéraient au moindre faux pas.

De tout cela il ressort que les Bretons étaient très mécontent de la suspicion du gouvernement français de les suspecter d'être des mauvais Français parce qu'ils voulaient parler leur langue !…

Et puis est arrivé juillet 1940 et des collaborateurs d'Hermann Goering ont eu une idée diabolique : jouons la carte des autonomistes bretons et essayons de détacher définitivement la Bretagne de la France. Si ça réussi là, on fera pareil avec la Normandie, puis la Picardie, et ainsi tout le littoral de la Manche ne sera plus français !… Goering ayant donné son accord, les autonomistes bretons ont été contactés par les autorités d'occupation qui leur ont tout promis : la protection de la gendarmerie (eux qui avaient toujours été persécutés par elle jusqu'alors), celle de l'armée allemande, et même ils leur ont demandé de favoriser un maximum la langue bretonne au détriment de la langue française. C'était le monde à l'envers !…

Plus : les Allemands ont même décidé de mettre le puissant émetteur radiophonique de Rennes Saint-Jacques à leur disposition pour faire plusieurs heures par jour des émissions en breton. Du jamais vu !…Bien sûr, il y avait une contrepartie : que ces autonomistes favorisent l'émergence d'un parti nazi breton, spécialement chez les jeunes…

Et rien ne semblait pouvoir contrarier cela : le Gouvernement de Vichy était loin et ne pouvait rien faire concernant la Bretagne. Les Nazis et les autonomistes bretons étaient sûrs de réussir leur pari. Il faut se rappeler qu'en juillet 1940 l'Angleterre restait seule face à l'Allemagne. Peu de monde pariait sur elle…Donc tout était joué !…

Et pourtant un grain de sable a fait échouer cette belle mécanique !… Ce grain de sable était un vieillard âgé de 83 ans : Yves-Marie Duparc. Tous les Bretons devraient lui être reconnaissants !…

Yves-Marie Duparc était né à Lorient (Morbihan) le 6 février 1857. Il a été ordonné évêque de Quimper et Léon le 25 février 1908. Ce fut donc l'évêque du Finistère durant toute la Première Guerre mondiale. Et toutes les familles Finistériennes lui étaient excessivement reconnaissantes pour son œuvre charitable auprès des familles endeuillées durant ses quatre longues années de guerre entre 1914 et 1918. Il faut savoir que la Bretagne a payé un très lourd tribut humain lors de la "Grande Guerre" ; il n'était pas rare de voir des familles de douze enfants dont cinq ou six étaient au front en même temps…

Monseigneur Yves-Marie Duparc était donc considéré quasiment comme un saint dans tout le Finistère. Et lorsqu'il appris l'œuvre des nazis visant à séparer la Bretagne de la France, son sang ne fit qu'un tour : puisque la République ne pouvait hélas rien contre cela, eh bien lui tout seul, avec l'aide de tous les membres de son clergé Finistérien, il allait tenter de scier cette branche pourrie…

Le dimanche 26 juillet 1940 il monta en chair à la cathédrale de Quimper et fit un prône très violent contre ceux de ses paroissiens qui seraient tentés de suivre les voies séparatistes des autorités d'occupation. Il a dit notamment : « Quatre siècles d’histoire nationale commune, malgré des dissentiments qui ne regardent que nous, ont intiment resserré nos liens avec la France. Notre sang versé sans compter sur terre et sur mer lui a prouvé notre fidélité ardente. Notre vie intellectuelle, notre vie sociale, notre vie économique ont été constamment mêlées à la sienne. Nous lui avons donné l’exemple d’une vie religieuse forte et tendre. Elle nous a, en retour, aidés à développer encore l’élan de notre apostolat ». Et ce vieil évêque a haussé le ton au maximum pour conclure « Nous sommes liés indissolublement à la France. Nous ne la trahirons pas à l’heure de sa douloureuse épreuve. Jamais Breton ne fit trahison ».

Ce prône troubla toute l'assistance. Il fut lu à toutes les messes de ce dimanche, non seulement dans toutes les églises de Quimper, mais dans toutes les églises, chapelles, monastères, couvents du Finistère. Et Monseigneur Duparc avait bien demandé à chaque prêtre de le lire en français impérativement !..

Toutes les grands-mères et toutes les mères veuves et mutilés de guerre, confiante dans cette initiative sans précédent de leur évêque ont alors interdit à leurs petits-fils et à leurs fils de suivre ceux qui prônaient une séparation d'avec la France.

Comme Monseigneur Yves-Marie Duparc était le doyen des évêques de Bretagne, ses confrères des Côtes-du-Nord, de l'Ille-et-Vilaine, et du Morbihan, l'imitèrent le dimanche suivant. Résultat : le robinet du recrutement des autonomistes bretons fut quasiment tari.

Le Gouvernement de Vichy lui fit discrètement savoir qu'il l'avait approuvé…

Yves-Marie Duparc aura la satisfaction d'assister à la Libération de la Bretagne, puisqu'il est décédé le 14 mai 1946, à l'âge de 89 ans, après 38 ans d'épiscopat de Quimper et Léon.La Bretagne, grâce à lui, avait fait le bon choix.

Roger 15.

Source : Le texte de la déclaration de Monseigneur Yves-Marie Duparc a été diffusé par l'agence de presse de l'Etat Français "OFI" (Office Français d'Informations) et repris par la totalité de la presse de la zone dite "libre" début août 1940. L’ouvrage "été 40 - cent jours qui ébranlèrent la France" de Jacques Varin (édition de la Courtille - avril 1980), reproduit en fac-similé, à la page 187, l'article de " L'éclaireur de Nice" du 6 août 1940 consacré à cette déclaration de Monseigneur Duparc.

(trouvé sur un forum dont je ne me souviens plus l'adresse.)
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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  Invité le Ven 12 Sep 2008, 12:05

@ Pierre-Antoine
J'ai un sujet pour toi à propos de ces indépendantistes bretons qui n'était (et je le sais de source plus que sûre) pas pro nazis, mais plutôt pas contre, car au moins on les laissait en paix.

Une figure de cette époque s'appelle Polig Monjarret (c'est aussi le créateur du premier bagad du festival interceltique et de plusieurs associations et mouvements bretons en faveur de la culture bretonne) une place a pris son nom à Lorient durant le Festival Interceltique et une statut en bronze de lui assis sur un banc est placée au milieu de cette place
tout ces défenseurs de la culture bretonne durant la guerre n'étaient pas des Collabos (et même ils faisaient justement souvent partis de l'ombre résistante avec une couverture neutre)

Je ne suis pas un défenseur du parti nazi (bien au contraire) mais je dois quand même dire que sans eux en réalité la culture bretonne ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui

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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  Panzerfaust le Ven 12 Sep 2008, 15:19

bof, je suis pas sur que les nazis ait contribué à la renaissance de la culture bretonne dans les années 70.
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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  jeremiah29 le Ven 12 Sep 2008, 17:10

nounours_ao a écrit:
mais je doit quand même dire que sans eux en réalité la culture bretonne ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui

Ce qui est sûr, c'est que la "culture bretonne" d'aujourd'hui, comme tu dis, doit à la période de l'Occupation et au système Nazillon une bien mauvaise image !.. Mad et quelques casseroles qui émergent de temps à autre !.. Twisted Evil
Je ne vois aucun point positif dans cette tentative allemande de provoquer une scission dans les rangs des Français !.. Evil or Very Mad
La minorité, qui a cru à de belles promesses d'un Etat breton, s'est fait rouler dans la farine !.. No

Bref, je ne partage pas du tout ton opinion !.. pale

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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  Yannig du 22 le Ven 12 Sep 2008, 17:36

Une petite minorité voulait profiter de l'occupation allemande pour obtenir une certaine indépendance mais cela ne fut jamais dans les idées du Reich. Maintenant quand à savoir si c'est grâce à l'allemagne nazie que nous avons notre belle musique, il faut tout de même pas exagérer....

salut

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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  iwann le Sam 13 Sep 2008, 10:39

Je suis horrifié d’entendre de tels propos sur le rôle des indépendantistes bretons, même en admettant que certains ont pu être abusés et manipulés, et sur la sauvegarde et l’essor de la culture bretonne par les nazis

Si je suis ton raisonnement c’est sans doute pour permettre aux résistants et opposants bretons d’apprendre la langue, la danse et la musique bretonne que les nazis les envoyaient dans les club-Med de l’époque : les camps de concentration et d’extermination.

Afin de vérifier « ta source plus que sûre » je me permets de te recommander quelques livres à lire en urgence :
2 livres de Kristian Hamon
Les nationalistes bretons sous l’occupation
Le Bezen Perrot, 1944 : des nationalistes bretons sous l’uniforme allemand
2 livres de Philippe Aziz
Histoire secrète de la Gestapo Française en Bretagne (Tomes 1 et 2)
1 livre de Henri Fréville
Archives secrètes de Bretagne 1940-1944

Je fais des recherches sur la résistance et il y a 2 semaines j'ai passé un après-midi avec un ancien résistant qui a passé 16 jours aux mains des nazis du SD et c'étaient ces sympathiques indépendantistes et miliciens bretons qui l'ont torturé et dont il porte encore des séquelles physiques.
Un peu de respect pour tous ces gens qui ont résisté et dont beaucoup trop y ont laissé leur vie

C’était mon coup de gueule, je respecte tous les avis et opinions sur cette sombre et encore mystérieuse période mais il y a des faits que l’on ne peut pas occulter et interpréter à sa guise

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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  Panzerfaust le Sam 13 Sep 2008, 14:31

J'approuve ton raisonnement Iwann.

Je ne pense pas que Nounours_ao soit reconnaissant aux Nazis et à la Bezenn Perrot de ce qu'ils ont fait. Il a du s'exprimer maladroitement sur ce sujet.
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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  jeremiah29 le Sam 13 Sep 2008, 17:17

Bonjour à vous !..

Un livre intéressant à ce sujet, mais un article de Yann Le Coz encore plus intéressant au sujet de ce livre :
Trouvé sur la toile : http://membres.multimania.fr/leguenne/documents/hermine_croix_gammee.htm

L' Hermine et la Croix gammée

Georges Cadiou a produit un étude sur les mouvements collaborationnistes bretons qui entend ne rien cacher sur les hommes et les organisations qui pendant la seconde guerre pratiquèrent la collaboration avec les Nazis, collaboration que trop souvent on essaye d'occulter. Pour l'auteur de "L'Hermine et la Croix gammée", les choses sont claires : "Loin de n'être que stratégiques, ces liaisons dangereuses résultaient d'une idéologie commune : le fascisme".

Ne rien cacher de la réalité de la collaboration des autonomistes bretons
"Il faut donc, souligne d'emblée l'auteur, tout dire de la dérive nationaliste des années 1930-1940, montrer comment la tendance radicale des Mordrel, Debauvais et Lainé a fini par prendre le dessus de la tendance fédéraliste et de gauche animée par Duhamel et Marchal, montrer comment les durs du PNB, le Parti National breton, n'ont pas hésité à passer une alliance en bonne et due forme avec l'Allemagne nazie, comment de soi-disant modérés ont été pétainistes convaincus, comment ont régné à l'époque la trahison et la délation, comment les nationalistes bretons ont été, à leur niveau, pourvoyeurs de résistants pour les caves de torture de la Gestapo, laquelle rémunérait nombre d'entre eux, comment ils ont dénoncé de vrais patriotes, ceux-là, qui sont partis pour les camps de concentration en Allemagne et dont beaucoup ne sont pas revenus, comment les militants du PNB ont endossé l'uniforme nazi pour combattre les maquis, participer aux représailles allemandes, aux tortures et aux exécutions ! "

Le lecteur trouvera donc dans le livre des indications extrêmement utiles sur le rôle effectif joué par les principaux protagonistes du mouvement autonomiste breton pendant cette période, pendant laquelle pour reprendre les propos de Roparz Hemon " un vent de liberté souffla sur la Bretagne" et que les promoteurs actuels du mouvement breton n'ont pas hésité à donner en exemple aux jeunes générations, si l'on en juge par le nom éponyme du Collège Diwan du Relecq-Kerhuon près de Brest ou encore du Centre culturel breton de Guingamp, jusqu'à ce qu'une campagne récente fasse débaptiser ces deux établissements.

Mettre en garde contre les risques actuels de dérapages
L'objectif de l'auteur est aussi de mettre en garde contre les "risques de nouveaux dérapages" que connaissent les mouvements autonomistes actuels, risques d'autant plus grands que leur filiation avec le passé collaborationniste est souvent établi.

C'est ainsi que, sous la signature de Françoise Morvan, est parue dans le mensuel "Bretagne-Ile de France" N° 31 de Novembre 200, une dénonciation des orientations de l'actuel Institut Culturel de Bretagne dont nombre d'entre les responsables ont des affinités plus qu'affirmées avec les collaborationnistes de la belle époque et des pratiques plus que répréhensibles : " réhabilitation d'anciens fascistes, récompenses données à des personnes dont l'appartenance au FLB était rappelée par elles-mêmes, subventions données à des textes antisémites, etc.", et qui, stigmatisées dans de nombreux organes de presse ont justifié que le Président du Conseil Régional entreprenne de "faire le ménage". Apparemment sans grand résultat sauf à délocaliser le dit Institut de Rennes à Vannes.

Curieusement, Georges Cadiou qui est manifestement bien informé sur l'identité et les caractéristiques idéologiques et politiques des principaux protagonistes bretons de la collaboration, est muet sur certains. On retiendra, entre autres, Loeïz Herrieu sur lequel une étude de Pierrik Le Guennec parue dans La Raison N° 463 de juillet 2001, permet de porter un jugement sans équivoque : "...Herrieu, responsable du PNB, a publié au moins trente-et-un articles dans l'Heure bretonne (Organe du PNB pronazi : ndlr) dont nombre d'articles antisémites." Se référant à la politique d'exclusion des Juifs pratiquée par les ducs de Bretagne, notamment au fait que "nul ne serait puni pour avoir tué un Juif...", Loeïz Herrieu admiratif du soin qu' ils prenaient "de garder leur race sans tache et saine", préconisait, en l'année 1943, de "prendre exemple sur eux".

Le silence de notre auteur est d'autant plus surprenant que l'association Diwan a donné le nom de Loeïz Herrieu à son école de Lorient, école que le protocole signé par cette association et le Ministre Lang entend intégrer, éponyme compris, au sein de l'enseignement public, dont on sait pourtant que nombre de ses personnels ont payé un lourd tribut dans le combat contre les Nazis et leurs supplétifs autonomistes.

Il reste que l'ouvrage de Cadiou est une dénonciation décapante des mouvements collaborationnistes bretons, confirmant s'il en était encore besoin le jugement d'un autre auteur, Michel Nicolas : " On doit à la vérité de dire que la quasi-totalité du mouvement breton organisé politiquement a collaboré d'une façon ou d'une autre pendant la guerre" (Histoire du mouvement breton. Syros 1982).En finir avec ce détestable passé est donc l'objectif affirmé de son ouvrage.

Promouvoir un autonomisme de bon aloi
En fait s'il est "nécessaire de faire la part des choses" et de dénoncer "tout ce que ce nationalisme, fut-il minoritaire et ethnique, a de dangereux....et ce ne sont pas les événements récents de Corse, de Bretagne ou du Pays basque qui démontreront le contraire", c'est qu'il existe un autre autonomisme dont G. Cadiou est un fervent promoteur.

Car ce que le lecteur ressent au long du livre et notamment dans les premières pages, c'est que G. Cadiou ne fait pas mystère de se placer sur le terrain du renouveau de l'autonomisme breton.

Aussi reprend-il à son compte des lieux communs qui ont, contre toute réalité, la vie dure. Selon notre auteur, la Bretagne d'avant la Révolution de 1789 "bénéficia... d'un statut privilégié", et que "l'entité Bretagne... fut sacrifiée"...

Curieux regret de ces privilèges qui faisaient de la Bretagne, aux dires du voyageur anglais Arthur Young, la province du royaume où la masse de la population connaissait les conditions d'existence les plus défavorables !

Il n'est donc pas étonnant que le Clergé et la Noblesse de Bretagne, réunis à Saint-Brieuc en avril 1789, refusèrent d'envoyer à Versailles des députés aux États Généraux, soucieux qu'ils étaient de préserver leurs privilèges garantis par la Constitution bretonne.

G. Cadiou n'ignore pourtant pas que les députés bretons (du seul Tiers Etat donc) furent à l'origine du Club des Jacobins, qu'ils furent les plus résolus à dénoncer les privilèges des particuliers comme des provinces, et eurent en conséquence une intervention déterminante dans la séance de la nuit du 4 août 1789, qui sous la présidence du Rennais Le Chapelier, en vota l'abolition !

L'auteur ressasse les thèmes récurrents des autonomistes de toutes les époques contre "les répressions subies en France par les langues minoritaires", concédant toutefois, évidence oblige, qu'elles "ont été acceptées (sic) par de larges secteurs de populations qui y étaient confrontées". On retrouve aussi l'amertume à l'encontre d'Ernest Renan, le théoricien de la Nation et emblème de la République jusques y compris dans sa statue de Tréguier, dont l'inauguration ne put se faire en 1903 que sous la protection des gardes mobiles. On devine même que le ressentiment à l'égard du philosophe se nourrit du fait que Renan était pourtant "bretonnant de naissance". Un traître, sans doute.

Rien sur le mouvement de fond qui dès les premiers temps de la Révolution vit les forces vives bretonnes affirmer leur appartenance à la nation française comme en témoignent, entre autres, les assemblées de jeunes Volontaires et des Municipalités bretonnes et angevines qui se tinrent à Pontivy en 1790, impulsant la fête de la Nation du 14 juillet de la même année, à Paris et sur tout le territoire.

Car G. Cadiou est bien contraint de souligner : "Que cela fasse plaisir ou pas, c'est une réalité : dans leur grande majorité, les Bretons ont peu à peu adopté la République, ses lois scolaires et la langue française,..". Le "Peu à peu" procède de quelque liberté avec la réalité et donne ici une indication du regret qu'il en fut ainsi.

Une hermine sans croix gammée ?
Mais notre auteur se félicite "que la juste revendication bretonne" refasse "enfin surface". Et de réécrire une autre histoire : "Comme cela s'est passé pour d'autres États européens -- on peut penser ici au Danemark, au Portugal ou aux Pays-Bas --, la Bretagne aurait pu constituer, elle aussi un pays indépendant".

On lit que le " mouvement breton est né modéré. C'est le cas de l'URB, l'Union Régionaliste bretonne, créée à Morlaix en 1898 sous l'égide de l'écrivain Anatole Le Braz et du député conservateur de Vannes, le marquis Régis de L'Estourbeillon".

"Modéré" ! Laissons à notre autonomiste "soft" la responsabilité de cette qualification. Elle est d'autant plus curieuse que L'Estourbillon est présenté, à quelques lignes de là comme "un antisémite déclaré... Lors de l'affaire Dreyfus, il fut l'un des députés bretons les plus acharnés contre le capitaine juif injustement condamné." G. Cadiou rappelant fort opportunément que l'URB fait du socialisme naissant "l'ennemi déclaré" et que le marquis en question s'inquiète des régions "infestées par le socialisme" qu'il faut combattre avec la plus grande vigueur.

Sur cette question des orientations et des pratiques de l'URB, nous nous permettrons de renvoyer à cette appréciation d'un contemporain, Jean-Marie Déguignet 1834-1905, qui écrit dans ses "Mémoires d'un paysan bas-breton" (Éditions An Here) : " Il y a cependant cette fameuse société dite régionaliste bretonne, toute composée de nobles et de tonsurés, qui ne veut pas de gueux dans son sein, ceux-là sentent trop mauvais. Ils laissent ces misérables entre les mains des curés et autres exploiteurs(...) Mais ces régionalistes, dont le jésuite et voleur Le Braz est le président...." (p. 410).

G. Cadiou insiste : "On a pu parler de nation bretonne, de "vocation nationale" de la Bretagne,..". Le "on" est bien commode. Ce rêve d'indépendance, .... c'est l'éternelle chanson des autonomistes. C'est "l'identité bretonne" (qui) démontre à souhait qu'il n'y avait pas là d'impossibilité historique". Que voilà une démonstration à bon compte.

Tout comme celle d'affirmer que la Bretagne est "un phénomène de frustration nationale" dans le cadre d'une réalité incontournable : " la Bretagne, du moins jusqu'à nouvel ordre, c'est la France". On a bien lu : "jusqu'à nouvel ordre".

Ce qu'appelle donc de ses vœux l'auteur, c'est que "se craquelle...l'armature "jacobine" de la République" dans le cadre de l 'Europe des régions dont on sait qu'elle sert de terrain à la remise en cause des Etats-nations et des acquis démocratiques et sociaux qui leur sont attachés.

C'est un fait : quelle que soient les options pour une Hermine sans croix gammée, la revendication indépendantiste ( "autonomiste", comme naguère "régionaliste" ne trompe personne) se nourrit de la nostalgie de la Bretagne historique, de la fidélité aux origines du mouvement breton, de l'hostilité à la Révolution française et aux Jacobins, ainsi que, in fine, d'une défiance persistante à l'égard de la République.

Yann Le Coz
* L'Hermine et la Croix gammée par Georges Cadiou. Éditions Mango.
G. Cadiou est grand reporter à France Bleu Breiz Izel.(Basse Bretagne).

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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  iwann le Sam 13 Sep 2008, 18:48

Salut Jeremiah

Merci, je ne connaissais pas ce site

Je suis entrain de préparer un post sur les principaux groupes qui collaboraient, et le mot est faible, avec les nazis (SD) en Bretagne

P.S. : l'école Diwann de Lorient porte le nom de Loeïz Herrieu !!!

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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  Invité le Mer 17 Sep 2008, 19:59

merci Iwann pour la liste des livres

Vous avez dut mal comprendre mon post

EN AUCUN CAS je n'ai dit que c'est eux (nazi) qui ont fait que la culture bretonne est ce qu'elle est d'aujourd'hui.

Les bretons sont à la base de tout mais l'association BAS (bodaged ar sonerion) créée par Polig Monjarret en 1943 est la base d'énormément de chose qui sont revenu dans notre culture
Et pour contredire ce qui à été dit plus haut dans les 70's le mouvements à évoluer grâce à une mode et des opinions sur la culture qui avait changer On a vue apparaitre les premiers festou-noz (qui n'ont vraiment que 40 ans)

En tout les cas JE NE SUIS PAS PARTISANS NAZI (et je me sens insulter de cette accusation)

et en bretagne comme partout pendant la guerre il y avait des collabos, des neutres et des résistants et les bretons (indépendantiste) n'était pas plus mauvais que les autres

il m'énerve de voir marqué que les bretons indépendantiste sont des fasciste je trouve c'est accusations grave et surtout honteuses pour tout les bretons mort au front pour leurs libertées
moi aussi j'en connais qui ont des séquelles de tortures (2 personne un homme et une femme) étonnamment c'est bien eux qui mont dit comme "tu sais les allemands ils était pas tous nazis il y avait mêmes des allemands bien sympathique mais il était là non pas par choix mais par obligation" et je me souvient quand j'ai eut l'énorme chance de rencontré Lucie Aubrac dans l'amphithéâtre du lycée de la paix pour une sorte de rencontre conférence
Je me souviens d'une question que quelqu'un lui à posée "quelles est votre opinions sur les soldat allemands" et là elle c'est enflammée en disant "Mais les soldats allemands était peu nombreux les soldats allemands eux! n'était là que par obligation et la plus part pleuraient leurs terre et il n'était pas étonnant que certaines filles s'enflammaient pour certains soldats allemands beaucoup d'histoires d'amours avait eux lieu entre des allemands et des jeunes filles et elles avait bien raison car il y en avait des très beaux"

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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  jeremiah29 le Jeu 18 Sep 2008, 07:36

Salut Nounours !..

A la lecture des réponses, il n'est nullement question de te traiter de "Partisan Nazi"...
Personnellement, je m'intéresse depuis longtemps à l'armée allemande en Normandie et Bretagne, et beaucoup de mes amis trouvent cet intérêt plutôt bizarre, néfaste, parfois morbide, sans en dire plus... Il arrive même que je subisse quelques réflexions négatives du genre "Pro-Nazi", "SS" ou autre !.. Aimer ce que la plupart des gens détestent n'est pas tous les jours facile !.. Wink

De plus, bien sûr que les Allemands n'étaient pas tous des "méchants" et que bon nombre, surtout parmi les hommes de troupes, auraient préféré ne pas faire la guerre !.. Je pense qu'aucun de nous n'a de doute à ce sujet !.. Very Happy

Je dirais que ton seul tort a été dans la façon de présenter les choses : "si les allemands n'avaient pas été là, la culture bretonne n'existerait pas ou du moins ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui", ce qui indique que ce fût donc un bien !.. Suspect

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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

Message  iwann le Jeu 18 Sep 2008, 11:46

Bonjour Nounours
J'adhère à la réponse de Jeremiah

En relisant les réactions à ton post (où tu t'es très mal exprimé, si j'ai bien compris) personne ne t'as traité de "Partisan nazi", car comme je l'ai écrit je respecte les avis et opinions et je ne me permettrais pas de tenir de tels propos et jugement

Si dans ma réponse, tu t'es senti insulté, je m'en excuse car ce n'était pas mon intention et ce n'était pas agressif.
De plus, le papy que je suis, est ravi de voir les jeunes s'intéresser à cette sombre période de notre histoire

P.S. :
J'ai un oncle maquisard qui a été tué à l'âge de 20 ans avec une soixantaine de ses collègues lors du combat de Kervernen le 14 juillet 1944 à Pluméliau et où les miliciens se sont illustrés dont le Bezen Perrot.
C'est ce qui explique ma première réponse a ton post.
Je ferai prochainement un post les FTP et sur ce combat qui a été le plus meurtrier du Morbihan pour la résistance

Amicalement

Iwann

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Détails oubliés de l'histoire

Message  Logico le Sam 04 Juil 2009, 10:32

Je ne crois guère à l'histoire des sabots attachés autour du cou des écoliers par les Hussards noirs de la République parce qu'ils auraient parlé breton.
C'est la première fois que j'entends parler de ce genre d'histoire utilisée par les autonomistes pour justifier qu'une grande majorité de bretons ne parlent pas cette langue. Mais pour être allé à l'EPS de Brest en 1938, j'ai entendu des élèves s'exprimer en breton sans qu'on leur attache des sabots autour du cou et n'ai pas entendu parler de cette histoire. Mais la Bretagne fourmille d'histoires de ce genre qui ne s'étendent qu'à des petites régions, et celle-ci a pu être exploitée pour justifier le discours de l'évêque du Finistère pour justifier son discours du 26 juillet 1940 à la cathédrale de Quimper. L'Eglise avait d'autres chats à fouetter tels que ses problèmes avec l'abbé PERROT.
Pour ma part, ceux que j'ai entendu s'exprimer en breton, c'était des autonomistes de la milice Perrot qui signaient leurs crimes avec quelques mots exprimés en Breton.
Mes parents étaient nés dans les années 1880 et mes grands parents étaient évidemment de la génération précédente. J'ai un peu fréquenté les écoles et mes parents avant moi.
Cette histoire arrive trop à propos pour blanchir certaines personnes dont le passé n'est pas clair. Ceci ne veut pas dire non plus que tous ceux qui parlent ou parlaient breton à l'époque sont à mettre dans le même panier. Heureusement, il y en avait également à nos côtés
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Re: Un point méconnu de l'histoire de la Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale.

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