2nd Rangers Battalion

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2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Lun 10 Juin 2013, 10:37

Salut !

Je lance ce post suite à l'arrivée de Priol sur la forum, et de son intérêt pour le 2nd Rangers. Very Happy

Il existe divers ouvrages concernant cette unité et ses combats, notamment ses faits d'armes lors du débarquement en Normandie.

Voici pour commencer une petite traduction de passages de l'ouvrage "RANGERS : Lead the Way" (Thoma s H. Taylor, Robert J. Martin). study
Je n'ai conservé que les éléments évoquant les combats du 2nd Battalion, ignorant ceux opérés par le 5th Battalion... lesquels feront l'objet d'un autre post ultérieurement... Wink


"Ce 2nd Bataillon avait reçu une seule mission : une compagnie composite, dont la majeure partie de la section S-2, s'infiltra derrière les lignes allemandes pour mettre en place un point de collecte de renseignements où les agents FFI pouvaient faire leurs rapports avant une attaque de deux régiment par la 29th ID. Les renseignements tactiques précieux étaient transmis par radio au G-2 de la Division.
Pour l'attaque proprement dite, quatre compagnies du 2nd Bataillon, renforcées par des véhicules de reconnaissance et des chars légers, firent écran sur un flanc qui était grand ouvert sur la rase campagne. Les Rangers fut deux fois plus rapide du fait de l'artillerie allemande, de sorte qu’ils furent en mesure de suivre avec leurs blindés.
La Task Force dépassa les avant-postes, tuant 18 Allemands qui n’avaient pas pu se replier assez vite. Faisant face à une série de petits forts, les Rangers s’enterrèrent rapidement, la supériorité du feu indirect appartenant aux Allemands.
« Restez dans vos trous. » fut l’ordre cette nuit, alors que les Allemands sortaient pour patrouiller. « Faites feu sur tout ce qui bouge. »

Le coup de sonde que les Rangers réalisèrent le jour suivant lors d’une reconnaissance régimentaire en force, la 29th ID espérant coincer un levier dans le périmètre de Ramcke. Le régiment ad hoc fut appelé Task Force Sugar et fut composé d'une section de FFI, d’éléments des deux bataillons de Rangers, une troupe de cavalerie, plus deux bataillons d'infanterie de la 29th ID, appuyés par un bataillon d'artillerie et une batterie de mortiers de 4.2 inch. Les Rangers avaient trouvé l'endroit le plus prometteur pour percer, et Middleton était prêt à leur donner tout l’appui dont ils auraient besoin.
Ils en auraient énormément besoin car ils arrivaient à portée des 280 mm que Ramcke avait dénommé Batterie Graf Spee du fait d’un célèbre croiseur allemand qui avait fait des ravages au sein de la marine alliée avec beaucoup de succès avant d'être coulé au large de l'Argentine. Ramcke espérait la même chose de la batterie : qu’elle inflige un maximum de dégâts avant de tomber. Elle répondit à ses attentes, en tenant un mois. La batterie elle-même présenta aux Rangers ses obus qui résonnaient comme des trains de marchandises au dessus des têtes.

La composante Rangers de la TF Sugar fut désignée TF Slater, du nom de « Duke » Slater, l’officier en second du 2nd Bataillon, lequel n'avait jamais débarqué le Jour-J son bateau ayant chaviré. Slater était le genre d'homme qui voulait compenser toute guerre qu’il avait manqué. Sous ses ordres se trouvait le Captain Arnold, une gloire d'Omaha Beach, commandait deux compagnies. Il les poussa en avant sans relâche pour engager rapidement l'infanterie allemande afin de contraindre les canons de la batterie Graf Spee à retenir leur feu. Son agressivité donna lieu à une quinzaine de prisonniers de guerre. L'ensemble de la Campagne de Brest avait cette caractéristique : les Allemands se rendaient en sachant que leur décès ne signifierait pas grand-chose dans la suite du siège lequel, comme tous les sièges, n’était qu’une question de temps et de diminution des effectifs.

Avec le succès de la TF Slater, les perspectives de la TF Sugar devinrent tellement importantes que la 29th ID plaça le chef d’état-major divisionnaire à son commandement. Des TD furent ajoutés ; avec eux, Arnold attaqua à l'aube du matin suivant, tua 11 Allemands et en captura 94. La batterie Graf Spee, toujours à portée et protégée contre les attaques venant de terre, coûta aux Rangers 2 morts et 5 blessés. Ces gros canons devinrent une mission viscérale pour les Rangers comme ceux de la Pointe du Hoc, mais la satisfaction ne devait pas arriver bientôt, ni facilement.

S’enfonçant en profondeur dans les défenses de Ramcke, la TF Slater revint avec un surprenant lot : 162 travailleurs esclaves russes, prisonniers de guerre de l'armée soviétique, lesquels furent rapidement convertis en une force de combat utile contre leurs ravisseurs précédents. Ce bon jugement d'Arnold leur permit d’apporter une aide considérable dans les opérations ultérieures.
Durant l'après-midi, les Rangers firent équipe avec des TD pour s’emparer d’un autre point fortifié, mais l’artillerie de soutien ne fut pas assez puissante, et l'attaque cala. Cette nuit-là, pour tester leur efficacité, Arnold envoya les Russes sur une patrouille d’embuscade. Juste avant l'aube, il entendit une rafale de coups de feu. Peu de temps après, un messager des Russes se signala à Arnold avec une note du chef de la patrouille. Il s’agissait d’une excuse pour avoir éliminé 8 Allemands et ne pas en avoir sauver un pour interrogatoire. Les Rangers comprirent.
Grâce à la pluie battante, la TF Sugar poussa en avant, contournant les points fortifiés là où c’était possible, puis avec des haut-parleurs et des tracts exhortèrent à la reddition. Craignant cela, Ramcke envoya une force de secours, laquelle se heurta à la TF Slater, cela aboutissant à une impasse à la nuit tombée.
Utilisant les TD pour tenir à distance la force de secours, le lendemain matin, Arnold fit demi-tour vers un point fortifié, et y envoya un prisonnier de guerre pour encourager la reddition. 72 Allemands le firent, puis Arnold inversa à nouveau sa direction pour s’emparer d’un autre point fortifié. Mais cette fois, les Rangers essuyèrent à nouveau des tirs de la part des 280 mm. La journée du lendemain fut consacrée à s’enterrer dans la boue. Dans l’obscurité, l'attaque de la TF Sugar avait tourné court.
(…)

Sans succès significatif ailleurs sur son front, Middleton ordonna à la 29th ID de lancer à nouveau la TF Sugar et de foncer vers un bout de terrain clé, la colline 63. Confiné dans un secteur étroit, la TF Slater fit mouvement, un parfait exemple d'une mauvaise mission de Ranger et d’un emploi inadéquat. Ce n’était pas leur raison d’être - et Arnold fit de son mieux en accélérant la vitesse de manœuvre pour se dégager de cet espace étroit. En avance rapide, les Rangers traversèrent le paysage avec un seul tué. La réaction des Allemands ne fut pas aussi rapide, leur faisant perdre 29 hommes.
Bondissant dans les anciennes positions de l'ennemi, les Rangers furent payés en retour par l'artillerie allemande, les mortiers, et un canon de 20 mm à tir rapide qui maintenait un feu nourri depuis un autre fort. Enterrée dans les profonds trous de tirailleurs des Allemands, la TF Slater vit ses pertes commencer à grimper. Les tirs des Allemands étant pré-établis, ils continuèrent donc avec efficacité durant toute la nuit. Cependant, l'obscurité permit à un peloton de TD de renforcer la position de Arnold. Ce dernier conclut qu'il serait pilonné durant toute le journée suivante à moins qu’il détruise le canon de 20 mm. Donc, avant l'aube, les Rangers firent équipe avec les TD pour se diriger sur une colline qui surplombait le canon. Ce qu'ils réussirent à faire de façon inaperçue dans l'obscurité et sous la pluie ; à BMNT*, les Allemands furent choqués d’être pris sous des tirs venant d'un terrain plus élevé. Surtout malheureux furent les servants du canon, lesquels ne disposaient pas de couverts sur leur emplacement ouvert. L'équipage fut tué ou forcé à se disperser et Arnold crut qu'il avait mis le canon hors de combat pour de bon. L’artillerie et les mortiers empêchèrent d’envahir l’emplacement du canon, et forcèrent les Rangers à s’enterrer à nouveau pour une nuit. Le reste de la TF Slater patrouilla sur la colline 63.
Le lendemain, 31 août, les parachutistes contre-attaquèrent appuyés très efficacement par le satané 20 mm. La TF Sugar s’approcha aux côtés des Rangers, et les deux camps se canardèrent avec des calibres de plus en plus lourds. Malgré le feu direct des obusiers de 75 mm courageusement mis en place par les hommes d'Arnold, une impasse en résulta, les fantassins dissimulés restant surtout s‘observer. Le 1er septembre, Arnold obtint la priorité pour le très gros truc : obusiers de 210 mm de l'artillerie du Corps, 105 mm avec obus pour percer le béton, et P-47 chasseurs-bombardiers. Les Rangers se demandèrent à quoi bon leur spécialité d’infanterie ?
Ils étaient maintenant essentiellement des observateurs avancés et des contrôleurs air-sol !

Rudder essaya de leur trouver un autre rôle. Sortant des lignes, la TF Slater se scinda pour faire le tour par deux ravines qui descendaient directement vers la côte. Si les deux reconnaissances des Ranger pouvaient atteindre la mer, la garnison allemande et leur canon de 20 mm dans le fort appelé Kergolleau* seraient isolés. En combattant âprement toute la journée et la nuit suivante, les Rangers se frayèrent un chemin dans les ravines par de brèves courses. L’infanterie allemande ne posa pas de difficultés insurmontables - une douzaine fut tuée et une centaine capturée - mais les tirs indirects depuis Kergolleau prirent leur dû, blessant 11 Rangers. La TF Sugar ne suivant pas avec assez de troupes mécanisées, les Rangers dans les ravines furent donc presque aussi isolés que les Allemands à Kergolleau. Bien que le point fortifié du 20 mm fut désormais isolé, il était bien approvisionné en munitions et provisions. La TF Slater aurait à les faire sortir, en attaquant elle-même depuis deux côtés. Pour améliorer les chances, le 5th bataillon arriva à partir d'un troisième côté, tuant 3 et capturant 3 Allemands lors du premier contact. Les bataillons des Rangers étaient désormais réunis pour la première fois autour de Brest. Si leur attaque coordonnée et appuyée ne pouvait pas porter à Kergolleau, ce serait en effet un long siège.

Rudder ordonna à Sullivan de maintenir la compagnie allemande dans le point fortifié occupé pendant que Slater tentait de prendre deux champs fortifiés dont la capture viendrait compléter l'encerclement de Kergolleau. Luttant dans un hameau, soutenu par une section de FFI et des chars, 40 des Rangers d'Arnold progressèrent bien jusqu'à la contre-attaque menée par une force de secours de 150 Allemands envoyés depuis Brest. Le FFI étaient d'excellents éclaireurs et d’assez bon guérilleros à mi-temps, mais ils n'avaient aucune expérience en bataille rangée, de sorte que quand la compagnie allemande frappa, de nombreux FFI disparurent. Arnold dû reculer et mettre en place une défense de nuit autour du village.
(…)

Pendant que le 5th bataillon faisait tomber ses cinq forts, les deux compagnies d'Arnold de la TF Slater avaient resserré l'étau sur Kergolleau.
Le 5 septembre, Arnold essaya le genre d'appui aérien rapproché qui avait si bien fonctionné pour Sullivan, mais les chasseurs étaient des P-38, nouveaux dans ce rôle. L'un d'eux largua une bombe sur les Rangers, heureusement sans faire de victimes. En raison du manque d’hommes, Arnold dût économiser sévèrement sa force de maintien autour de Kergolleau en vue du renforcement de son élément manœuvrant. Avec un seul officier Ranger et cinq hommes de troupe à côté d'eux, les Russes opérèrent admirablement sous des uniformes américains.
Le 6 septembre fut une journée de durs combats, les compagnies d'Arnold lançant une attaque de diversion autour de Kergolleau, pendant que la TF Slater (-) reprenait la colline 63. Les deux forces furent durement touchées par des 88 et de l’artillerie automotrice, Ramcke s’étant rendu compte que sa croûte de défense était en danger de rupture. La bataille tourna ce jour grâce au travail des obus de phosphore blanc de 4.2 inch, la seule chose qui pouvait pénétrer à travers les ouvertures dans Kergolleau. A l'intérieur, 26 Allemands moururent brûlés. L'attaque de Slater s’empara de mille mètres de terrain et de la colline 63, tuant 60 et capturant 40 Allemands lors de la progression. Un Ranger fut tué, et 19 blessés au combat.
S’interrompant cette nuit uniquement pour apporter plus de munitions, Slater et Arnold poursuivirent leurs attaques le lendemain matin avec l'objectif de couper la route de Brest pour mettre Kergolleau hors de portée du soutien ajusté depuis d’autres points fortifiés allemands. Après avoir infligé 31 pertes, les deux forces de Rangers refermèrent leur tenaille dans le milieu de l‘après-midi. Ce fut un signe décourageant pour de nombreux Allemands. Pendant le reste de la journée, 144 se rendirent aux patrouilles de la TF Slater, 30 autres furent tués, sans aucune perte pour les Rangers.

Le plan de Middleton commença vraiment à devenir solide lorsque le 5th Bataillon se fraya un chemin pour se rattacher avec le 2nd Bataillon. Le 116th se rapprocha sur l’autre flanc de Rudder, de sorte qu'un puissant fer de lance était en place pour se diriger vers la batterie Graf Spee à Lochrist, tout en neutralisant Kergolleau.
Le plan des Rangers était pour Rudder de lancer l'attaque principale en se dispersant le plus largement possible, mais en convergeant sur Lochrist avant que les Allemands présents aient réalisé qu'ils étaient son objectif. On espérait que Ramcke percevrait la principale menace comme étant la ville de Plougonvelin, l'objectif du 116th, laquelle était la plus vulnérable, ou Le Conquet, l'objectif du 5th Bataillon. Le plan était un pari avec des enjeux élevés : si Lochrist tombait, le moral des Allemands disséminés volerait en éclats suite à la perte de leur plus puissante position, mais si les 280 mm pouvaient être défendus et continuaient à faire feu d’un air de défi, ce serait le moral des Américains qui en pâtirait - avec de coûteuses pertes également. Les premiers signes du 9 septembre montrèrent que les Allemands commençaient à penser que leur temps était compté. La première manœuvre de flanc du village par le 2nd Bataillon entraîna une centaine de prisonniers de guerre. Eux et beaucoup d'autres devinrent un problème administratif alors que l'attaque, qui misait beaucoup sur la rapidité, était retardée par des redditions allemandes à grande échelle. Rudder fut également ralenti par le terrain gras qui était plus fortement miné que prévu.

Comme des feux de broussailles isolés fusionnant en un front de flamme, le 2nd Bataillon s’approcha de Lochrist face à une résistance de plus en plus démoralisée. Malgré la force de combat que Ramcke avait laissé ici, son commandement était ailleurs avec ses parachutistes qui avaient eux-mêmes diminués de la moitié de leur force. Il n’avait pas pensé que les Américains iraient droit vers la cible la plus difficile, la batterie Graf Spee de Lochrist, mais c'est exactement ce que Rudder fit en plein jour. Des équipes de combat de la taille d‘une escouade, équipées de lance-flammes, de charges de démolition ou de bazzokas, trouvèrent des trous dans le périmètre allemand qui était constamment pilonné par l‘artillerie, bombardé et mitraillé par les avions. Après avoir réalisé la brèche, le principal problème des Rangers fut alors de s’identifier eux-mêmes aux tirs de soutien amis. Après un mois de pratique avec une telle coordination, aucun Ranger ne fut tué par des tirs amis à Lochrist.
La batterie Graf Spee, et les positions de soutien des 88 et 20 mm, ne disposait pas d’une sécurité locale - toute l’infanterie allemande se trouvait sur le périmètre qui se fissurait de Lochrist. Le Lt Edling avec quatre autres Rangers de la compagnie A, se faufila à travers le fort jusqu'à ce qu'ils distinguent les revêtements à parois épaisses des 280 mm. Les servants étaient prêts à tirer, attendant le signal du commandant de batterie pour tirer sur les longes, mais il semblait hésiter à donner le commandement de peur d'attirer l'attention et les Rangers. Il était trop tard. Edlin se glissa par un passage, une grenade avec la goupille déjà retirée dans sa main. Le commandant allemand surpris n'eut pas besoin de parler anglais pour comprendre son choix. Quand il ordonna à ses équipages de se reculer, Edlin replaça la goupille et les fit prisonniers.

Edlin fit rapidement connaître sa capture aussi bien aux Américains qu’aux Allemands en brandissant le drapeau américain au dessus de la batterie Graf Spee. Voyant que le cœur de leurs défenses était tombé, les défenseurs abandonnèrent en masse. Plus d'un millier d'Allemands se rendirent au 2nd bataillon le 9 septembre 1944, le plus grand nombre de prisonniers de guerre à jamais capturé par les Rangers sur une seule journée.
(…)

Le dernier combat significatif pour les Rangers dans la campagne Brest fut contre leur ennemi juré, le canon de 20 mm à tir rapide, et la coriace garnison de Kergolleau. À juste titre, la force de Arnold reçut la mission, donnant le coup d'envoi de son attaque dans la matinée du 10 septembre. Du fait du peu de combats se déroulant ailleurs, la force aérienne et le soutien d'artillerie furent importants. Les Allemands pouvaient répondre uniquement qu’avec des mortiers et des mitrailleuses car la préparation d’artillerie d'Arnold avait finalement détruit le 20 mm qui avait tourmenté les Rangers si longtemps.
Ils resserrèrent les barrages d’artillerie qui dévalaient sans relâche sur Kergolleau. Rien qu’à elle seule, la fumée du bombardement semblait suffisante pour étouffer les défenseurs. Les uniformes des Rangers étaient blanc de poussière pierreuse lorsque le premier maillot blanc apparut devant eux. Arnold ordonna un cessez-le feu à 15h00. Quinze minutes plus tard, Kergolleau se rendait ; 74 prisonniers de guerre en sortirent."


* BMNT : Begin Morning Nautical Twilight :
Le début de cette période où, dans de bonnes conditions et en l'absence d'autre illumination, assez de lumière est disponible pour identifier les grandes lignes des objets au sol et de mener des opérations militaires limitées.

* Kergolleau : Kergollo sur les cartes IGN est un hameau situé à l’est de la plage d’Ilien.
Le point d’appui allemand affronté par les Rangers est en fait le Stützpunkt Kerlouchouarn de la pointe d’Ilien. Il est formé de plusieurs points d’appui (Wiederstandnest: Wn) totalisant une quinzaine de blockhaus, dont plusieurs casemates pour canons et postes pour mitrailleuses.

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  Priol le Mar 11 Juin 2013, 19:33

Merci pour ce partage, c'est vraiment intéressant à lire, il faut que je regarde la carte que j'ai pour bien comprendre les manoeuvres. Je vais bientôt partager un article détaillé sur eux.

Je prends mon temps pour bien faire.


PS: Il me semble que c'est KERGOLLO et non Kergaulleau



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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Mar 11 Juin 2013, 20:19

Priol a écrit:PS: Il me semble que c'est KERGOLLO et non Kergaulleau

Salut !

Tu pourras noter que c'est bien ce que j'ai indiqué au bas de mon post !.. Wink
Il est courant de trouver des noms de lieux mal orthographié dans les écrits américains, voire parfois des noms totalement fantaisistes... study scratch
On retrouve ce petit souci au dos de certaines photos allemandes, ce qui est gênant lors des localisations... Suspect

Lo

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  Eric29 le Mar 11 Juin 2013, 20:23

Salut, le St est dans la pointe , à gauche du lieu dit!

Voilà la position, en fait 3 Stp!
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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  Priol le Mar 11 Juin 2013, 20:27

Haha, comme quoi je n'avais pas tout lu ! Mea culpa


Merci pour la carte, c'est beaucoup plus parlant.
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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Mar 11 Juin 2013, 21:43

Bonsoir !

Voici le début d'une nouvelle traduction... cette fois-ci, un extrait de l'ouvrage "The Battalion, the Dramatic Story of the 2nd Ranger Battalion in World War II" (Robert W. Black).
Le récit comportent d'intéressantes informations, notamment sur les différentes compagnies du Bataillon, mais également sur les unités rattachées... du fait de sa longueur, le texte sera réparti sur plusieurs posts... Wink

"Le bataillon fut rattaché à la 29th Infantry-Division et, pendant la campagne, reçut trois missions : la première de sécuriser le flanc droit de la 29th ID, la seconde de capturer la batterie de canons de 280 millimètres de Lochrist (Graf Spee) ; et la troisième de nettoyer la péninsule de Le Conquet. Les missions obligèrent la dispersion des compagnies. Able, Baker et Charlie assuraient la sécurité du Quartier-Général du VIII.Corps, la Compagnie Dog et des éléments du 86th Mechanized Cavalry Reconnaissance Squadron (escadron mécanisé de reconnaissance) opéraient des patrouilles ensemble, pendant que les compagnies Easy et Fox tenaient des avant-postes près de Saint-Renan. Rudder tenait à garder les hommes informés. Aussi souvent que possible, les hommes étaient convoqués pour être informé sur la situation générale, pour obtenir une vue d'ensemble et comprendre leur place dans ce tableau. La guerre est un cocktail de confusion et d'incertitude et de nombreuses fois les hommes attaquaient ou la défendaient des hameaux et des collines sans avoir aucune idée de la façon dont leur emplacement s’adaptait à la géographie.
À la compagnie Able, the Fabulous Four opérèrent dix-sept patrouilles derrière les lignes allemandes en quinze jours. Lors d’une patrouille, un lieutenant allemand avec une MG-42 et plusieurs hommes aperçut les quatre Américains et lança une grenade presse-purée par-dessus une haie vers eux. Edlin ramassa la grenade et la jeta de toute ses forces à travers une ouverture du côté allemand. Il sauta ensuite à travers la haie et atterrit sur le dos d'un sergent allemand couché sur le ventre. Edlin frappa l'Allemand à la tête avec la crosse de son mitraillette et l'assomméa. L'officier allemand était étendu à proximité, froid, lorsque la grenade, laquelle s'était avéré être un raté, l'avait frappé au front.
Toutes les patrouilles ne furent pas aussi réussie que celles menée par le Fabulous Four. L’infirmier Frank South se trouvait au patrouille au lever du jour qui se frayait un chemin à travers un champ de mines allemand. South décrivit la chose suivante : "La majeure partie de l’unité avait prudemment tracé son chemin, mais l'un de ceux qui se trouvait devant moi déclencha le fil de déclenchement d'une mine bondissante. La mine fit exactement ce qu'elle avait été conçu de faire : avec un "humph", elle sauta hors du sol, monta à environ un mètre, et explosa lançant des billes d’acier dans toutes les directions. L'homme qui l’avait déclenché s'effondra sans faire de bruit. Il était encore conscient lorsque nous arrivâmes jusqu’à lui, il avait deux vilaines blessures dans le dos et ne réagit pas quand je pinçais ses jambes qu’il ne pouvait plus bouger. Sa moelle épinière avait été sectionnée. Nous le déplaçâmes hors du champ avec le moins de dommages pour lui, ayant pu le transporter à l'aide de vestes de treillis tendues entre deux fusils tel un brancard. Le saignement d'une large plaie sur le côté devint plus important, et alors que j'étais encore en train de le contrôler avec des bandages supplémentaires, il marmonna quelque chose comme "Merci, Doc.", prit quelques respirations, devint grisâtre et mourut simplement. Avant cela, j’avais eu affaire à de nombreux blessés et mourants et savais que je continuerais à l'avenir, mais je ne me rappelle pas un autre moment où je ne pu pas retenir mes larmes. C’était si sacrément frustrant - et nous n’étions même pas sous le feu."

Le 22 août 1944, les compagnies Dog, Easy et Fox furent rattachées à la 29th ID pour les rations et le ravitaillement dans la région de Saint-Renan. Les Allemands dans ce secteur étaient enclins à opérer des patrouilles avec pas moins de 50 hommes. Il pouvait s'agir de compagnies de fusiliers qui avaient vu leur action prolongée ou des marins transformés en infanterie qui manquaient de chefs ayant une expérience d'infanterie. Prévenus par les Forces Françaises de l'Intérieur (FFI, civils de la résistance) qu'une patrouille allemande arrivait, les Rangers tendirent une embuscade. Trois Allemands furent tués et les autres se dispersèrent. Peu après, les Allemands attaquèrent les positions de la compagnie Fox, et furent repoussés. En raison de leur expérience et de leur promptitude, les Rangers demeurèrent indemnes. Sachant que leurs positions avaient été révélées, les Rangers se replièrent de plusieurs centaines de mètres vers un nouvel emplacement. A peine l’avaient-ils fait qu’un intense feu allemand de canons de 88 mm tomba sur la position qu'ils venaient de quitter. Le 23, tout le bataillon fut rattaché à la 29th ID pour l'attaque imminente sur Brest. Quatre TD du 644th Tank Destroyer Battalion, sept chars légers du 741st Tank Battalion, quatre chars moyens du 709th Tank Battalion, et cinq véhicules de reconnaissance et deux pelotons de reconnaissance du 86th Reconnaissance Squadron furent rattachés au bataillon.

À 8h00, le 25, afin de mieux comprendre les défenses allemandes, l'officier du renseignement du bataillon, le capitaine Harvey J. Cook, et des hommes sélectionnés de sa section commencèrent à infiltrer les lignes allemandes pour établir un point de collecte de renseignements où les combattants de la résistance française pourraient leur apporter des informations.
Le VIII.Corps attaqua sur Brest à 13h00 le 25 août. Impressionné par l’intense barrage d'artillerie qui précéda l'attaque, le Docteur Block écrivit dans son journal : "Boy-oh Boy, quel spectacle !"
La 29th Infantry-Division attaqua avec les 115th et 116th Infantry Regiments et se heurta à une forte résistance. Le capitaine Duke Slater, officier des opérations du bataillon, dirigea la Force S, laquelle était composée des compagnies Baker, Dog, Easy et Fox, de véhicules de reconnaissance et de chars légers, dans une reconnaissance en force sur le flanc droit du 175th Infantry Regiment, l’unité de réserve de la 29th ID.

Le 26, le 175th Infantry fut engagé, et les Rangers sillonnèrent au sud et à l'ouest, tuant 15 Allemands. Le terrain était ouvert, et lorsque des positions nocturnes étaient creusées, les ordres étaient : "Restez dans votre trou. Tout se qui bouge se fera allumer."
Le 26, des mortiers de 81 mm employés par la compagnie Charlie appuyèrent une attaque des Français contre un fort allemand. La situation était mouvante créant une situation particulièrement dangereuse pour les hommes de la compagnie du QG qui opéraient comme des messagers, posant des câbles, ou apportant des ravitaillements vers l‘avant. Une erreur dans la lecture des cartes, l'absence d'un panneau de signalisation routière, ou quelque autre erreur pouvait entraîner la capture ou la mort. Messager à moto, le PFC Wallace Young fut l’une de ces pertes, quand il ne revint pas d'un trajet transportant des cartes et des messages."

(à suivre...)

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  Priol le Mar 11 Juin 2013, 23:40

Le 23, tout le bataillon fut rattaché à la 29th ID pour l'attaque imminente sur Brest. Quatre TD du 644th Tank Destroyer Battalion, sept chars légers du 741st Tank Battalion, quatre chars moyens du 709th Tank Battalion, et cinq véhicules de reconnaissance et deux pelotons de reconnaissance du 86th Reconnaissance Squadron furent rattachés au bataillon.

Ça confirme ce que donne mes recherches ainsi que les réponses qu'on m'apporte depuis deux semaines à ce sujet. De plus, mon grand-père rencontre la 644th à St Renan vers le 20-22 Aout. Il participera à la prise de la patte d'oie de Goasmeur aux côtés des Rangers du 2nd bataillon et avec l'appui du 709th.


Merci à nouveau pour ce texte.
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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Jeu 13 Juin 2013, 09:34

Bonjour !

Voici la suite du récit :

"Les Compagnies Able et Charlie se déplacèrent le 27 pour rejoindre la Force Slater qui était à Kervaourn *. Le groupe de Slater était rattaché à la Task Force Sugar de la 29th ID. la Task Force Sugar était composée d’un bataillon du 116th Infantry, des 2nd et 5th bataillons de Rangers, du 224th Field Artillery Battalion et d’éléments de reconnaissance, du génie, de mortiers de 4.2 inch, et d’unités d'artillerie antiaérienne. Faisant mouvement depuis une position proche de Saint-Renan le 27 août, la Task Force Sugar envoya des éléments au sud et à l'ouest. Sur la rive sud de la péninsule de Le Conquet, près d'un hameau appelé Lochrist, se trouvait une batterie allemande de puissants canons de 280 mm (11 inch). La batterie était désignée sous les noms de Batterie du Conquet ou de Lochrist d’après sa description géographique, ou Batterie Graf Spee en l'honneur d'un célèbre amiral allemand.
Les énormes canons de marine de la Batterie Graf Spee faisaient partie des défenses de la base de sous-marins de Brest, laquelle abritait les sous-marins allemands qui rôdaient dans l'Atlantique Nord. Ces obus pouvaient déchirer les haies comme du papier. Quand les obus traversaient l’air au-dessus des têtes, ils ressemblaient à des trains de marchandises entiers avec moteurs en tête et en queue. Les Rangers estimaient qu'un fusible de retard était utilisé car l’obus atterrissait et labourait les champs et les haies avant d'exploser. Les hommes appelaient ces canons le "Chattanooga Choo Choo" d’après la chanson populaire de Johnny Mercer. Un obus de 600 livres rugissait au dessus des têtes et une âme tremblante chantait depuis son trou, "Excusez-moi garçon, est-ce que c’est le Chattanooga Choo Choo ?" Pendant un moment, cela déclenchait un petit rire et brisait la tension.

Les compagnies Able et Charlie, sous le commandement du capitaine Edgar L. Arnold, avaient pour mission de nettoyer l'ennemi de la côte est, au sud de Trésien *. Il y avait des milliers de Français qui, après des années d'occupation, avaient un compte à régler avec les Allemands. Quelques 700 de ces Français rejoignirent les Rangers et les officiers du bataillon essayèrent de les inclure dans l'effort. La plupart des armes allemandes qui étaient capturées furent données aux Français, et bien qu’en vêtements civils, ils portaient des brassards s'identifiant comme FFI (Forces Françaises de l'Intérieur).
Ces combattants civils français furent utiles en fournissant des renseignements sur les positions et les mouvements ennemis, et ce fut un passage difficile pour tout Allemand qu’ils capturèrent. Ils fournirent également une force supplémentaire aux Rangers, mais avaient tendance à rentrer à la maison lorsque le feu de l'artillerie allemande devenait lourd.
La pression du haut commandement pour éliminer le général Ramcke et ses forts et capturer le port de Brest était très forte. Le major-général Middleton et son VIII.Corps luttèrent furieusement contre les superbes défenses allemandes. Les forts de Brest furent pilonné par les bombardements aériens par les bombardiers moyens et les chasseurs-bombardiers de la 9th US Air Force, et le cuirassé britannique Warspite déchargea ses canons de 15-inch sur les forts. Le rôle joué par la Force S devint de plus en plus important à la 29th ID. Le 28 août, la Task Force fut placée sous le commandement du colonel Edward Mc Daniel, chef d’état-major de la 29th ID. Les Américains coupèrent la route Brest-Le Conquet et isolèrent le fort à la Pointe du Corsen. Les communications allemandes entre les forts dépendaient fortement de câbles souterrains, dont l'emplacement étaient connus des Français. Les Rangers localisèrent et coupèrent le câble Brest-Le Conquet, isolant les batteries de la péninsule du Conquet. Lors d’une autre action du bataillon dans la journée, les compagnies Able et Charlie et les TD rattachés du 644th Tank Destroyer Battalion traversèrent le brouillard du matin pour attaquer un point fortifié allemand. Les Rangers pilonnèrent les Allemands, en tuèrent 9, capturèrent 94, et éliminèrent la position ennemie.

En outre, dans la matinée du 28, la Force Slater commença à opérer une reconnaissance en force vers l'ouest. Des observateurs des Rangers localisèrent les positions allemandes et ordonnèrent des tirs d'artillerie sur elles. Les Allemands répondirent en nature et 5 Rangers furent blessés. À 11h15, les compagnies Easy et Fox, accompagnées par des chars légers, firent mouvement vers l'ouest lors d’une reconnaissance. Trois Allemands furent tués et deux autres capturés. La reconnaissance continua, les compagnies Dog et Easy travaillant en équipe, et Baker et Fox agissant de même. La compagnie Dog fut retardée par des Allemands retranchés dans un bâtiment fortifié. Le Ranger Dominick Sparaco était assez habile dans la façon de tirer des grenades à fusil. "Je vais faire sortir ces salauds de là !" hurla Sparaco, et il tira une grenade à travers une ouverture. Dans l'excitation du moment, Sparaco avait oublié d'enlever la goupille de sécurité de la grenade, mais son effort ne fut pas vain. La vision de la grenade à fragmentation non explosées rebondissant à l'intérieur de leur bâtiment donna lieu à la reddition de plus de 30 Allemands.
Le bataillon prit de plus en plus une envergure internationale. En plus des quelques 700 hommes des FFI, ils avaient ramassé 162 prisonniers russes que les Allemands avaient utilisé comme esclaves ou incorporé en tant que soldats. Les Russes avaient leur propre commandement et furent rapidement armés et organisés en une force de combat sous le commandement de Rudder. Ike Eikner arriva pour connaître mieux le capitaine qui commandait les Russes et plus tard lui demanda s'il voulait retourner en Russie après la guerre. Le capitaine répondit : "Bien sûr que non. Ils me feraient ça." (passant alors son doigt sur sa gorge).
Malheureusement pour les Russes prisonniers, les Etats-Unis coopèrent avec Josef Staline et de les renvoyèrent sous contrôle des communistes, où ils furent fusillés ou envoyés dans des camps de travail."

(à suivre)

*Kervaourn : ici, il faut lire Keryaouen… la lettre V est en fait un Y, et le E d’origine est devenu un R… les différences sont probablement le fait d’une écriture peu lisible.
Ce lieu-dit est situé près du manoir de Kervadéza.

*Tresien : ici on reconnaît bien sûr Trézien. (pour Priol qui ne connaît pas forcément le coin, au sud-ouest du village de Plouarzel, près de la côte.)

*Lt. James W. "Ike" Eikner, officier des communications du 2nd Ranger.

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  Priol le Jeu 13 Juin 2013, 09:43

Petite précision, c'était des "Russes Blancs", ceux qui avaient refusés la révolution Bolchevique. 

Encore merci pour ce texte Jeremiah29, je vais finis par arriver à déterminer la compagnie avec laquelle le grand-père était par élimination. 

Ce que je retiens c'est que le 2nd Rangers se divise en deux rapidement. Un groupe s'occupe du Conquet, Ilien et la pointe du Corsen avant de redescendre vers Keringar avec les Russes et les F.F.I du colonel Faucher.

Tandis que l'autre partie s'occupe de Goasmeur, Plougonvelin, le Lannou puis Keringar avec quelques F.F.I. 

La 644th TK semble affectée au premier détachement tandis que la 709th TK au deuxième.
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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Jeu 13 Juin 2013, 09:51

Priol a écrit:
Le 23, tout le bataillon fut rattaché à la 29th ID pour l'attaque imminente sur Brest. Quatre TD du 644th Tank Destroyer Battalion, sept chars légers du 741st Tank Battalion, quatre chars moyens du 709th Tank Battalion, et cinq véhicules de reconnaissance et deux pelotons de reconnaissance du 86th Reconnaissance Squadron furent rattachés au bataillon.



Ça confirme ce que donne mes recherches ainsi que les réponses qu'on m'apporte depuis deux semaines à ce sujet. De plus, mon grand-père rencontre la 644th à St Renan vers le 20-22 Aout. Il participera à la prise de la patte d'oie de Goasmeur aux côtés des Rangers du 2nd bataillon et avec l'appui du 709th.


Merci à nouveau pour ce texte.


Salut !

Le secteur de l’intersection de Goasmeur est connu sous l’appellation de Hill 63 dans les récits US. Sur les cartes IGN d‘aujourd‘hui, on retrouve la mention de cette cote 63 un peu au nord-est de Goasmeur.

Il existe sur le forum un post concernant la compagnie A du 709th Tank Battalion :
http://bretagne-39-45.forums-actifs.com/t319p15-tank-destroyer-battalion

31 août 1944 :
2nd Platoon rattaché au 2nd Battalion du 175th Inf.Regt en réserve.
3rd Platoon n'a pas été engagé.
1st Platoon rattaché au 2nd Ranger Battalion, a quitté à 16h30 les coordonnées 823005, pour le carrefour 796982, et ouvert un feu croisé sur un barrage routier que l'ennemi utilisait comme PC. Un canon antichar a été détruit au barrage routier.

vQ823005 : (nord-ouest Locmaria-Plouzané - secteur carrefour cote 102, entre Croaz ar Go et Croaz Kerscao)
vV796982 : (nord Plougonvelin - carrefour de Goasmeur)

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  Priol le Jeu 13 Juin 2013, 09:57

On est d'accord, j'avais les mêmes informations ! Merci pour le croisement de données. 

Je confirme, Hill 63 c'est bien Goasmeur.
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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Jeu 13 Juin 2013, 11:18

Priol a écrit:Petite précision, c'était des "Russes Blancs", ceux qui avaient refusés la révolution Bolchevique. 


Concernant tes fameux "Russes blancs", la réalité n’est pas aussi simple que cela…

Suite à la célèbre révolution d’octobre de 1917, la guerre civile russe fait des millions de morts, voyant la lutte des "Rouges" communistes de Lénine contre les "Blancs" tsaristes" (nobles, partisans et fidèles au Tsar Nicolas II de Russie). Vers 1922, ces russes blancs émigrent en grand nombre vers la France.

Après l'invasion de la Russie, l’armée allemande doit très tôt faire appel à des volontaires étrangers. Cependant en 1942, la lutte contre les partisans soviétiques s’étant accrue sur les arrières de l'Armée allemande, celle-ci augmente encore le nombre de d’unités formées à partir de volontaires issus de la population locale et parmi les prisonniers militaires. En juin 1942, un état-major divisionnaire apparaît au sein des volontaires russes anti-partisans (Hiwi), de petites unités de police auxiliaires sont rattachées aux compagnies et bataillons existants.
L'état-major des troupes allemandes y crée ses Jagdkomandos, de petits groupes bien armés d’armes automatiques, lesquelles persécutent et détruisent les divisions de partisans. Ces unités ne sont composées qu’avec les meilleurs soldats.

Mais ces troupes ne suffisent plus à maîtriser les immenses territoires conquis, et l’Armée allemande enrôle alors contre leur gré de nombreux Russes. Ainsi en 1942, Andreï Vlassov, général de l’armée rouge, reçoit la mission de briser le siège de Leningrad réalisé par les Allemands. Cette opération est un échec et Vlassov est fait prisonnier. Le commandement allemand lui propose alors de lever une armée dite "armée de libération de la Russie" plus connue par la suite, sous le nom "d’armée Vlassov". Cette armée est formée de prisonniers de guerre russes "ostarbeiter" travailleurs de l’est, et de russes blancs volontaires dont certains vétérans antibolcheviques de "l’armée blanche". Elle avait donc pour mission de combattre l’armée rouge.

La plus grande partie des Ost-Bataillonen portent des numéros de série : 601 à 621, 626 à 630, 632 à 650, 653, 654, 656, 661 à 669, 674, 675 et 681.
D’autres Ost-Bataillonen portent le numéro des Armées (510, 516, 517, 561, 581, 582), des Korps (308, 406, 412, 427, 432, 439, 441, 446 à 448, 456) et des divisions (207, 229, 263, 268, 281, 285), où ils ont été formés.

Après la création, à Berlin, du Comité russe du général Vlassov, les Ost-Bataillonen ont la possibilité de porter l’écusson ROA sur leur uniforme allemand.
En février 1943, le général Vlassov est invité par le Stab de l’Armee-Gruppe Mitte sur le front, où il visite les Osttruppen. En juin 1943, 78 bataillons de l'Est, un régiment et 122 unités distinctes (garde, chasse, économique, etc), ce qui représente environ 80 000 hommes, se trouvent sous commandement allemand.

Les Ost-Bataillonen sont composés pour la plupart de 3 à 4 compagnies de fusiliers de 100 à 200 hommes, et d’une section de mortiers, d'artillerie et d’antichars. L’armement est composé de canons de 76,2 mm, canons antichars de 45 mm, mortiers, mitrailleuses, fusils-mitrailleurs et fusils.
Les commandements des bataillons et des compagnies sont placés entre les mains d’officiers allemands, dont les représentants sont officiers soviétiques ou émigrés. Parfois, des Russes commandent des escadrons ou des compagnies. Malgré la position officielle, de plus en plus de troupes russes voient le jour.
Parfois, le commandement des unités allemandes a utilisé ces unités de l’Est directement sur la ligne de front.
En 1942-43, les Osttruppen participent aux batailles de Leningrad et de la vieille Russie, et dans de nombreux cas, leur déploiement revêt un objectif de propagande qui vise à augmenter le nombre de transfuges de l'autre côté.
À l'été 1943, quelques commandants des Osttruppen tentent d'établir des contacts avec les partisans, pour passer de leur côté et mériter le pardon. Selon des sources officielles soviétiques, en 1943, 14 000 soldats des Osttruppen rejoignent les partisans de Russie. La plupart d'entre eux le font en septembre 1943, pendant la retraite allemande suite à l'échec de l'offensive de Koursk.
En conséquence, le commandement allemand veut dissoudre les Ost-Bataillonen, Hitler désirant que les Osttruppen soit retirées et leurs membres déployés pour travailler dans les mines de charbon.
Des représentants du commandement allemand, cependant, font une proposition visant à déplacer ces unités vers d'autres fronts, ce qui donnerait la possibilité d'envoyer des troupes allemandes ainsi libérées sur le front de l'Est. La décision d'échanger des bataillons allemands à l’ouest par des Ostbataillonen est prise le 25 septembre 1943 et l'ordre de déplacer des Osttruppen vers la France, l'Italie et les Balkans, intervient le 10 octobre. Le mouvement est opéré avant la fin de l'année. 5 à 6000 "volontaires" étant renvoyés.
Début juin 1944, 32 bataillons russes et un régiment se trouvaient dans les points fortifiés qui défendaient le Mur de l'Atlantique et la côte atlantique.

Dans les derniers jours de la guerre, les troupes de Vlassov espérant gagner les faveurs des alliés se retournèrent contre l’armée allemande. Vlassov et ses officiers capturés par les Américains auraient été livrés à l’armée soviétique. Jugés pour haute trahison, ils ont été condamnés à la pendaison le 1er août 1946 et les soldats, aux travaux forcés dans des camps sibériens.

Pourquoi ces soviétiques dans l’Armée allemande ?
Est-ce le rejet du système soviétique qui unit au départ ces "Soviétiques" en uniforme allemand ? La réponse est complexe.
Pour simplifier, on peut distinguer trois cas généraux.
Certains sont des soldats déserteurs de l’Armée Rouge ou des civils, volontaires des régions russes européennes. Ils se sont engagés dans l’armée allemande contre le régime russe soviétique.
Dans les "Républiques" asiatiques périphériques qui ont gardé en mémoire la brutalité de leur rattachement à l’Union, la population semble avoir accueilli les Allemands comme des libérateurs et le combat aux côtés de l’Allemagne a pour objectif l’indépendance du pays.
Mais, il y a aussi des "Russes" enrôlés dans les camps de prisonniers du front de l'Est et plus ou moins volontaires pour échapper ainsi aux dures conditions de la détention.

Si Hitler a d’abord été "catégoriquement opposé à n’importe quelle forme de participation des citoyens soviétiques dans la guerre contre la Russie" - ce qui n’empêche pas d’ailleurs leur recrutement à son insu - la création de Légions Orientales "Ostlegionen" avec des volontaires de nationalités non-russes semble avoir rencontré moins d’opposition de sa part.
C’est ainsi que les Légions de l’Est sont formées avec des Tatars, des Ouzbèques, des Kazakhs, des Kirghiz, des Tadjiks, des Adzerbaijanais, des Tchétchènes, des Géorgiens, des Arméniens, des Ukrainiens, etc, puis d’autres nationalités non-soviétiques au fur et à mesure des besoins.

Qu’en est-il de leur présence en France ?
C’est à la fin 1943 que la majeure partie des "troupes orientales" ont été peu à peu relevées du front russe où elles étaient engagées essentiellement sur les arrières des armées allemandes et qu’elles ont été envoyées sur d’autres fronts en Pologne, en France, en Italie, dans les Balkans... Il y a ainsi 23 bataillons des Légions de l’Est incorporés dans la VII.Armee Allemande du Nord-Ouest. Les "Russes" sont organisés soit en unités spécifiques, parfois de la Waffen SS, soit intégrés dans des unités allemandes. Si certaines semblent s’apparenter à des troupes d’élite "particulièrement courageuses pour les Légions Tatares", d’autres se montrent aux dires des allemands "sans véritable valeur au combat" et désertent dès que l’occasion se présente en particulier au moment de la retraite en liquidant parfois avant leurs officiers allemands.

http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=195

http://www.vrid-memorial.com/afficher/rubrique/2/occupation/article/36/Les-troupes-trangres-dans-la-Wehrmacht.html

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Mer 19 Juin 2013, 11:37

Bonjour !

Suite du récit :

Durant l'après-midi du 28, les hommes d'Arnold attaquèrent un autre point fortifié de la Pointe de Corsen. Ce fut un combat difficle, et le soutien de l’artillerie fut demandé mais pas obtenu. Avec les TD offrant un tir de couverture, les Rangers avancèrent sous un déluge d’artillerie, de mortiers, d’armes automatiques et d'armes légères de l’ennemi. A la nuit tombée, il apparut que les Allemands pouvaient être prêts à se rendre, mais ils s’accrochaient de façon sinistre. Le contingent russe tendit une embuscade à une patrouille allemande de 8 hommes et les tua tous. Le commandant russe présenta ses excuses au capitaine Arnold pour ne pas avoir sauver un Allemand pour interrogatoire. Les compagnies Dog et Easy de la Task Force Slater, avec des éléments du 86th Cav. Reco. Squadron, continuèrent vers l'ouest face à une résistance légère à Kersturet pendant que les compagnies Baker et Fox suivaient Dog et Easy, puis firent mouvement vers Kervegnon, où la Force Slater installa des positions défensives pour la nuit.

A 7h30 le 29, la Force A d'Arnold commença à pilonner les Allemand avec le feu des TD. Les Rangers s’approchèrent de la position allemande, retenant leur feu et envoyèrent un prisonnier allemand vers l’avant pour encourager ses camarades à se rendre. Les TD avaient tué 8 Allemands, et les 72 restants se rendirent. La Force A continua alors vers le sud jusqu’à la côte. Alors que l’obscurité tombait pour une nuit pluvieuse, les Rangers se retrouvèrent sous le feu d’un 20mm allemand. Incapable de localiser la position des canons, Arnold plaça ses hommes en bivouac de nuit et attendit l'aube.

Au matin du 30 août, les compagnies Dog et Easy poursuivirent vers l'ouest de la cote 63. Un Ranger fut blessé, mais 15 des ennemis furent tués et 14 autres blessés. Les compagnies Baker et Fox se déplacèrent également vers la cote 63, et un périmètre de sécurité fut établi. L'Allemand avait précisément étudié la région, et bientôt l'artillerie et des mortiers commencèrent à pilonner la position des Rangers. Un trou d’homme profond était nécessaire pour survivre, les pertes des Rangers grimpèrent. Malgré leurs blessures, les hommes étaient réticents à quitter leurs camarades, et il fallait une blessure grave pour être évacué. Il n’y avait pas que les officiers qui restaient après avoir été touché ; les simples soldats et les premières classes faisaient appel à un infirmier ou soignaient eux-mêmes leurs blessures et continuaient à se battre. Ils estimaient qu'il était honteux pour un homme encore capable de se battre de quitter ses frères d'armes. Dans la matinée du 30, les hommes d'Arnold constatèrent que le 20mm allemand défendait un point fortifié allemand. Les Allemands occupaient une colline flanquée de deux autres collines. Sans être détecté par l'ennemi, la compagnie A et plusieurs TD grimpèrent au sommet d'une colline qui surplombait la position allemande, et firent taire le canon de 20 mm. Mais, un lourd soutien d’artillerie provenant d'autres positions allemandes immobilisa les Rangers, qui s’enterrèrent pour la nuit.

Le 31 août, la lutte s'intensifia. Le canon de 20 mm était à nouveau en action, et des tirs de mortier s’ajoutèrent à sa puissance. Avec la compagnie Able, des mortiers de 60mm et 81mm, des TD et de l'artillerie de 105mm en soutien, la compagnie Charlie réussit à s’approcher par infiltration, mais les Allemands déclenchèrent une pluie de feu sur les assaillants, les forçant à se replier sous le couvert de fumée. Le peloton de canons des Rangers se déplaça vers un endroit protégé par une colline près de l'ennemi et commença un feu d’artillerie de 75mm, neutralisant le canon de 20 mm. La nuit tomba sur une impasse, mais c’était les Allemands qui avaient le plus à craindre de l'aube.
Pendant ce temps, la Force Slater s’était enterrée et patrouillait depuis la cote 63. L’artillerie et les mortiers allemands continuaient à pilonner la colline. Un Ranger fut tué et 10 blessés le 31.

Le 1er septembre, le capitaine Arnold fit appel aux obusiers de 240 mm pour éjecter les Allemands hors de leurs trous. Les grands tubes ne pouvaient pas trouver la cible, mais l'officier d'artillerie qui dirigeait les batteries de 105 mm était habile et efficace. Utilisant des munitions conçues pour pénétrer le béton, il donna aux obusiers de 105 mm un tir précis et mortel. Pendant ce temps, les compagnies Able et Charlie s’étaient rapprochées des positions allemandes. Deux chasseurs P-38 furent requis pour bombarder les Allemands, mais leurs bombes tombèrent en éclaboussant sans danger dans la mer. Les deux camps continuèrent à déverser le feu l’un sur l'autre. Au grand dégoût des Rangers, les Allemands remirent le satané canon de 20mm en action.
Le lieutenant-colonel Rudder avait d'autres priorités à régler. Alors que la nuit tombait, il envoya le capitaine Arnold avec la Compagnie Able et les TD vers une autre mission.
La force du capitaine Slater tenait toujours la cote 63. Les patrouilles de reconnaissance des Rangers atteignirent la côte, pendant que des patrouilles de combat ancrées sur des positions défensives allemandes. Le 1er septembre, deux Allemands furent tués et plus de 100 faits prisonniers. L'artillerie allemande continua à être la Némésis, blessant 11 Rangers.
Le bataillon faisait face à une défense allemande courageuse du point fortifié face à la Force A. Les mortiers allemands déversaient une pluie de feu sur les Rangers, qui creusèrent des trous d’homme avec des tunnels qui couraient vers l’arrière sous les haies. Les Américains pouvaient entendre le « thunk » lorsqu’un mortier tirait et avec des mortiers, il est possible d’envoyer un certain nombre d’obus dans les airs avant que le premier ne retombe. Parmi les hommes touchés se trouvait le Sgt. Ed O'Connor, qui fut touché à la jambe par des éclats d'obus. Rudder décida d'attaquer ailleurs.

Le 2 septembre, 20 hommes de la compagnie Charlie furent laissés en position pendant le reste de la force faisait mouvement jusqu’à un carrefour. La compagnie Able reçut l’ordre de prendre Trebabu à l'ouest, tandis que les hommes restants de Charlie avaient pour mission de s'emparer de Tremail * au sud.

(à suivre)

* Tréméal

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Ven 21 Juin 2013, 10:59

Salut !

Suite de "The Battalion, the dramatic..." :

Appuyée par des chars et accompagnée de Français des FFI, la compagnie Able occupa Trébabu et tua 3 Allemands servant une mitrailleuse en dehors du village. Des patrouilles des Rangers, en tête de la progression, détruisirent deux mitrailleuses allemandes, tuant 4 Allemands et en capturant un. Les Rangers de la compagnie Charlie, avec quelques FFI, rencontrèrent une force d’environ 150 Allemands, mais les FFI s’égaillèrent sous le feu. Face au feu de l'artillerie et à la contre-attaque de l'ennemi, les Rangers se replièrent de Tréméal et installèrent une défense pour la nuit.
Le 3 septembre, le dernier sous-marin allemand à entrer en action à partir des alvéoles en béton de trois mètres d'épaisseur de Brest prit la mer. Les U-Boats avaient coulé 2.840 navires durant leur séjour, mais la tanière du chasseur n'était plus en sécurité.
La compagnie Charlie, maintenant renforcée par les deux canons de 75 mm sur half-tracks du peloton de canons et par deux TD, firent mouvement sur Tréméal. Les Allemands s’étaient retiré, si bien que la compagnie Charlie continua jusqu'à ce qu'ils se heurtent à une patrouille allemande d’une trentaine hommes. Les doigts des Rangers furent plus rapides sur les queues de détente, et 5 ennemi furent tués, 6 capturés, et le reste fut dispersé. Trois Rangers seulement furent blessés, dont deux si légèrement qu’ils restèrent au combat.
Une patrouille de la compagnie Baker entreprit de trouver les positions allemandes. Alors qu’ils se trouvaient toujours dans la zone de rassemblement, le S/Sgt. Paul Shave fut grièvement blessé par un tireur isolé allemand tirant depuis la direction que la patrouille devait prendre. Le PFC Wilbur Eason, qui avait récemment appris qu'il était père, était en tête de file. Eason dirigea avec succès la patrouille en évitant un piège, mais, en franchissant une haie, fut blessé à la jambe et tombé du côté allemand de la barrière de terre. Eason appela à l'aide et les autres membres de la patrouille entreprirent de le sauver. Alors qu'ils tentaient de franchir la haie, le PFC John Toluka fut touché à la tête et grièvement blessé. Chaque fois que les Rangers bougeaient, ils étaient cloués au sol par le feu allemand. Les fusiliers allemands s'amusaient à tirer sur Eason blessé et bientôt ses appels à l’aide cessèrent. Sachant que d’autres hommes seraient sacrifiés en tentant de ramener le corps de Eason, le Lieutenant Bill Sharp, qui commandait la patrouille abandonna la tentative. Wilbur Eason était un homme bon et un bon soldat, et sa mort plongea ses camarades dans la tristesse. Ils savaient que le télégramme de condoléance de retour vers le pays allait bientôt arriver, un morceau de papier jaune avec quelques mots laconiques qui allaient changer pour toujours la vie d'une jeune mère et d’un enfant.
Plus tard dans la matinée, une forte résistance fut rencontrée. Des chasseurs P-38 étaient disponibles pour des missions d'appui au sol, et les Rangers ôtèrent leurs T-shirt blancs sales et les dispersèrent sur le sol pour marquer leur position. Les chasseurs mitraillèrent les Allemands pendant que des tirs d'artillerie de 105mm les frappaient fort.
Le 3, la compagnie Able poursuivit sa progression face à une résistance légère, tuant 11 Allemands. Alors que la nuit tombait, les compagnies Able et Charlie entrèrent en contact l’une avec l’autre. Le 3 septembre cependant, ne fut pas un bon jour pour la Force Slater. Alors qu’ils tenaient toujours la cote 63, les hommes de Slater essuyèrent des tirs de canons de 88mm allemands et des gros canons de 280 mm de la batterie Graf Spee de Lochrist. Deux Rangers furent tuées et 21 blessés.
Rudder et Slater décidèrent que quelque chose devait être fait pour réduire la liste de pertes de la cote 63. Les compagnies Dog et Fox furent déplacés de la colline vers une aire de repos quelques 500 mètres plus loin. Les hommes des compagnies Baker et Easy se dispersèrent et tinrent une défense plus mince. Le bombardement allemand continua, mais avec moins de Rangers comme cible, seuls 3 hommes furent blessés dans la journée.
Le 4, le capitaine Arnold tint ses positions, les compagnies Able et Charlie se contentant de diriger l'artillerie sur les Allemands. Ce tir précis fit taire une batterie ennemie et dispersa une force ennemie se déplaçant comme avec l'intention d'attaquer la compagnie Charlie.
Le jour suivant, les compagnies Dog et Charlie retournèrent sur la cote 63, pendant que les compagnies Baker et Easy gagnaient l'aire de repos. Les positions allemandes sur le front étaient identifiées dans une zone proche des Français. Des mortiers américains de 4,2 inch infligèrent aux Allemands l'horreur du phosphore blanc. Les Allemands terrifiés et en feu couraient et, ce faisant, se retrouvaient sous les viseurs de tireurs isolés français, lesquels prélevèrent un lourd tribut. A leur tour, les Allemands ouvrirent le feu avec leurs puissants canons de 280 mm sur la cote 63.
Le Ranger Vince Hagg déclara : "Nous pouvions voir ce grand éclair au niveau des canons quand ils tiraient. Cela laissait toujours assez de temps pour arriver dans votre trou. Ensuite, le damné train arrivait et RAAP ! Il frappait. Et oh mon Dieu, les dégâts que ces gros obus pouvaient faire ! J'ai vu des haies entières disparaître juste devant mes yeux."

(à suivre)

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  Priol le Sam 06 Juil 2013, 09:57

Merci encore une fois pour ces traductions.

Pour ma part, j'ai fais l'acquisition de deux livres sur les Rangers. Dog Comagny et la biographie de Hearl Rudder, commandant du 2nd Rangers.

Je suis aussi en contact avec le superintendent du cimetière de St James qui veut me montrer un livre, je monte en Normandie la troisième semaine de Juillet afin de peaufiner les recherches.

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Lun 08 Juil 2013, 11:02

Salut !

On continue :

Des Rangers furent enterrés vivants par le soulèvement de la terre. Une équipe entière fut recouverte par une telle avalanche. Au milieu de l'éclatement des obus, d’autres Rangers quittèrent leurs trous et tranchées et creusèrent avec leurs mains et leurs outils de tranchée afin de sauver leurs amis. Un par un, ils les libérèrent. C’était une expérience au-delà de l'horreur quotidienne de la guerre et bien que sauvés, les hommes qui avaient été enterrés étaient en état de choc. Le bombardement allemand poussa les FFI à fuir à nouveau leurs positions, et le personnel du QG du bataillon fut contraint de combler la brèche.
Le 5, la Force A d'Arnold continua à agir contre les positions allemandes avec un appui feu. Un P-38 largua par erreur une bombe sur les positions de la compagnie Able : personne ne fut blessé, mais la bombe fit des merveilles à la collection d’assiettes de l'aumônier. Le bataillon se préparait pour l'attaque et tous les hommes disponibles étaient nécessaires, même si la coriace position allemande à Kergolleau résistait toujours. Quatorze autres Rangers de la compagnie Able furent retirés de Kergolleau pour renforcer la Force A, laissant seulement un officier et 5 hommes pour contenir les Allemands dans leurs abris enterrés de Kergolleau. Pour donner l'apparence de force, les Rangers habillèrent 14 Russes avec des uniformes américains et les ajoutèrent à la force qui surveillait le retranchement ennemi. À 8h30 le matin du 6 septembre, le bataillon fit mouvement face aux Allemands de la cote 63. Derrière un lourd feu préparatoire, les compagnies Baker, Dog, et Easy attaquèrent côte à côte, la compagnie Fox se tenant en réserve.

Arnold avec les compagnies Able et Charlie lança une attaque de diversion. Ce fut une journée de durs combats, sous le feu allemand des 75mm automoteurs et des canons de 88mm. En fin de journée, la Task Force Slater avait gagné 1000 mètres. Les Allemands fuyant les abris se retrouvaient sous les canons de Able et Charlie, ces derniers tuant 5 Allemands. Les deux compagnies capturèrent 22 de plus de la garnison. A la fin de la journée, l'attaque avait tué 60 ennemis et capturé 40 autres. Un Ranger fut tué et 19 blessés.
À 7h30 le 7, la Force Slater reprit l'attaque. À la fin de la journée, les Rangers avaient atteint leur objectif et se trouvaient à cheval sur la route Brest-Le Conquet. Les Allemands en retraite laissèrent 11 morts et 20 prisonniers. En milieu d'après-midi, les Task Forces du bataillon avaient fusionné. Les patrouilles continuèrent, et 144 ennemis de plus furent capturés et 30 tués, sans la perte d'un seul Ranger. La nuit du 7, le 2nd Rangers se trouvait en position, avec le 3rd Bataillon du 116th Infantry sur sa gauche. Les Allemands continuèrent à pilonner les hommes de la Force S avec leur l'artillerie, notamment les énormes canons de 280 mm. La compagnie Charlie s’enterra près de Berbouguis et une ligne légère fut étendue.


De nouveaux hommes qui se trouvaient avec le bataillon seulement depuis une brève période se retrouvèrent seuls dans les trous d’homme face à la nuit et l’attaque allemande. Cette circonstance d'isolement est un moment déterminant dans la solitude des champs de bataille. Les muscles et les sens sont développés, chaque son et chaque crainte étant amplifiés dans l'obscurité. L'attaque allemande arriva et les balles traçantes des mitrailleuses, les aboiements des fusils, et les explosions de grenades furent entendus. Quand l'attaque fut repoussée, les hommes s’appelèrent les uns les autres, et certains ne répondirent pas. Avec le lever du jour, ils purent se déplacer sans être abattu par leurs camarades. C'est alors qu'ils trouvèrent le corps du PFC Walter Lukovsky. Lukovsky était l'un des nouveaux hommes, peu connu jusqu'à sa mort, mais on se souviendrait de lui. Devant le trou d’homme du Ranger Lukovsky se trouvaient 6 Allemands morts.
Dans le secteur de la compagnie Dog, les sergents Joe Stevens et Ed Secor effectuaient une patrouille de reconnaissance de deux hommes quand ils rencontrèrent 15 Allemands se cachant dans les buissons et désireux de se rendre. Pendant le retour vers les lignes américaines, l'un des Allemands dit à Stevens qu'il savait où se trouvaient d'autres hommes qui pourraient également se rendre. Stevens était un meneur d’hommes à la fois par la nature avec sa large carrure, un regard perçant, et la voix d'un sergent instructeur, et par son habitude qui avait adopter lors de nombreuses patrouilles de sortir avec un cigare fermement coincé entre ses dents. Sentant une occasion, Stevens se rendit auprès du colonel Rudder et lui raconta ce que l’Allemand captif lui avait signalé.
"Je pense que nous pouvons nous emparer de ces Allemands." déclara Stevens.
"Il n'y a aucune garantie qu'ils soient prêts à se rendre." déclara Rudder. «Ils ont peut-être changé d'avis et vous tendrons une embuscade."
"Secor et moi-même voudrions essayer." répondit Stevens.
"OK". dit Rudder.
Stevens, Secor, et l'Allemand traversèrent la ligne de trous d‘homme. L'Allemand les mena vers le bas de la colline et le long d'une route sinueuse. Il y avait peu de bruit. Au loin, un coup de fusil occasionnel ou une courte rafale d'une arme automatique perçaient le silence. Stevens mâchouillait le cigare alors qu’ils progressaient anxieusement sur 500 mètres. Lors d'un virage sur la route, l'Allemand fit une pause et indiqua aux deux Rangers de s'arrêter.
Gardant dans sa voix un ton de conversation, l'Allemand commença à parler dans sa langue pendant que les deux Américains scrutaient les buissons en bordure de route. Un soldat allemand sortit, sans casque ni arme, puis un autre et un autre jusqu'à ce que 103 Allemands se tiennent alignés sur la route devant les deux Rangers. Ce fut un retour prudent dans les lignes des Rangers. Comme avantage supplémentaire, la compagnie Dog fut en mesure d'avancer et d'occuper les trous d‘homme que les Allemands avaient creusé.
À 7h00 heures, le samedi 9 septembre, la Task Force Sugar lança une attaque coordonnée afin de submerger les défenses allemandes de la péninsule du Conquet. L'attaque du bataillon sur l'objectif "F", la Batterie Graf Spee de Lochrist et ses installations de soutien, serait opérée par les compagnies Able, Baker et Charlie. Les compagnies Dog, Easy et Fox se trouvaient en position de blocage pour empêcher une fuite des Allemands. L’artillerie, les chars et les TD, et la force aérienne des Américains furent utilisés sans ménagement pour assommer les défenses allemandes. Les Rangers devaient s’approcher suffisamment près du fort pour être hors de portée des canons de 280 mm, mais les Allemands possédaient beaucoup d'autres armes. Le plan d'attaque nécessitait que les compagnies soient largement espacées, mais convergeant vers l'objectif du bataillon. Les ordres de Rudder étaient de se déplacer rapidement et de frapper durement, de déséquilibrer l'ennemi et de le maintenir ainsi. C'était la tactique du général Nathan Bedford Forrest appelé "Ardennes". Le 3rd bataillon du 116th Infantry attaqua sur la gauche du 2nd Rangers pour s’emparer de Plougonvelin, pendant que le 5th Rangers se trouvait sur la droite, se dirigeant vers la ville du Conquet. Les attaques seraient appuyées en préliminaire par des bombardiers moyens, des chasseurs-bombardiers, et les tirs d'artillerie.
Rudder donna l’ordre d’envoyer des patrouilles vers l’avant pour établir l'emplacement des champs de mines allemands. Edlin reçut l’ordre de faire avancer le 1st Platoon de la compagnie Able, contrôler la route, faire un prisonnier si possible, et voir si les Allemands avaient été suffisamment assommés pour se rendre. Edlin fit avancer le peloton et un mortier, mais décida de réduire le nombre de vies qu'il devait risquer en faisant appel à ses trois camarades de patrouille. S'ils devaient s’enfuir rapidement, le plan était de neutraliser la visibilité allemande avec de la fumée.
Les Fabulous Four se déplacèrent largement espacés en formation de diamant, Edlin en tête, Dreher à droite, Courtney à gauche, et Burmaster en tant qu’arrière-garde et homme se repliant pour chercher de l'aide si nécessaire. Des panneaux "Achtung Minen" se trouvaient face à eux. Ils se rapprochèrent d’un énorme bunker de béton et d‘acier, l'un des nombreux qui gardaient le gigantesque fort qui abritait plusieurs centaines d'Allemands. Au-dessus du fort, pointant comme les doigts de la main de la mort, les grands canons de la batterie Graf Spee planaient au-dessus d’eux.
Soudain Bill Courtney s‘écria : « Je vois un chemin à travers le putain de champ de mines.", et se mit à courir en avant vers le grand bunker face à eux. L’horrible bombardement des positions allemandes avait fait exploser les mines allemandes et créé un chemin sûr. Edlin suivit avec Dreher et Burmaster juste derrière. Ils coururent en avant, les armes à la main. Face à eux se trouvait la grande casemate, ses ouvertures de tir béantes noire et sinistres. Les mortelles mitrailleuses allemandes, les MG42s, n‘étaient pas visibles, mais les quatre Américains savaient que les armes seraient là. Elles l’avaient toujours été. Une trentaine de mètres, une vingtaine, puis dix, et toujours pas de tir. Chaque mètre, chaque pas en avant était chargé de tension. Ils ralentirent alors qu'ils approchaient du bunker, le flanquant pour trouver l'entrée. Prudemment ils encerclèrent le bunker, et elle fut là, une porte ouverte. Edlin fit signe à ses hommes. Burmaster couvrit l'arrière alors que Edlin franchissait l‘ouverture. Courtney suivit vers la droite et Dreher vers la gauche. Les mitrailleuses étaient là en attente, pointant vers l'extérieur depuis des fentes de tir, et les Allemands étaient là aussi. Une vingtaine de Fallschirmjägers de Ramcke se tenaient dans la lumière crue de l'éclairage du bunker, mais ces Allemands voulaient survivre à la guerre. Ils se tenaient debout en silence, leurs armes gisant sur le sol ou empilées dans les coins.
"Hände hoch!" (Haut les mains !) hurla Edlin.
Courtney connaissait l’allemand depuis le lycée, et Edlin lui dit d'identifier l'homme responsable. Un lieutenant allemand s'avança face à Edlin.
« Monsieur, je parle couramment l'anglais. Je suis allé à l'université en Amérique."
"Comment pouvons-nous entrer dans le fort à partir d'ici et rejoindre votre commandant ?" demanda Edlin.
"Je peux vous amener jusqu’au commandant du fort", déclara l'officier allemand.
Edlin expliqua au reste de la patrouille son intention d’entrer dans le vaste fort, et ils furent d‘accord. Courtney irait avec Edlin. Ils jetteraient les armes allemandes en dehors du bunker et Dreher maintiendrait les prisonniers à l'intérieur tout en montant la garde. Burmaster ferait le chemin du retour vers le peloton et dirait à l'opérateur radio d’envoyer un message au colonel Rudder pour suspendre tous les tirs d'artillerie de soutien sur le fort. Burmaster connaissait également le chemin et pourrait ramener le reste du 1st Platoon de la compagnie Able vers l’avant sur ordre. Le lieutenant allemand informa ses hommes que pour eux, la guerre était finie.
Le soleil brillait alors que les deux Américains et leur guide allemand traversaient le terrain dégagé vers le fort. Edlin et Courtney savaient qu'ils se trouvaient sous les regards d'un grand nombre de défenseurs allemands. Ils portaient leurs mitraillettes Thompson en bandoulière et faisaient la conversation avec l'officier allemand, chacun parlant d'où il venait et l'allemand de son expérience alors qu'il était étudiant en Amérique. Alors qu’ils entraient dans le fort et commençaient à monter des escaliers, ils rencontrèrent des gardes armés. À chaque arrêt, le lieutenant diasit quelques mots aux gardes. Courtney dit à Edlin que l'officier allemand indiquait à ses troupes que les trois hommes allaient voir l’Oberstleutnant Furst et que les gardiens devaient baisser leurs armes.
La vaste forteresse était un chef-d'œuvre de l'art défensif surplombant la surface de la terre. C'était un navire de guerre sur terre, mais ses magasins et ses hôpitaux étaient enterrés en toute sécurité sous la surface. Il y avait même des dortoirs confortables et des salles de loisirs. Le fort avait subit un énorme martèlement, mais il était encore capable de résister.

(à suivre)

_________________
Cordialement... Very Happy
Laurent

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  doucet le Jeu 25 Juil 2013, 08:37

bonjour, Priol
concernant tes recherches possèdes tu les documents suivants:
- le bataillon FFI de Ploudalmézeau de Jacques André
- l'exemplaire de décembre 97 du Tud Ha Bro de Plouarzel, intitulé " la vie à Plouarzel de 1939 à 1945" dans lequel est raconté l'arrivée du 2nd rangers dans le canton et la bataille pour Corsen
- Locmaria-Plouzané, la libération 26 août - 02 septembre  de Mr Jean Leizour
- l'AAR de la Task Force Sugar

Sinon j'ai trouvé sur le net un ouvrage racontant l'épopée de la Co A du 2nd Rangers durant le 2ème guerre mondiale. il y a 22 pages consacrées à la campagne de Brest. je te traduis ça et les poste dès que c'est fait

A+

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  Priol le Ven 26 Juil 2013, 08:39

Excellent tout ça ! Je note les références et je vérifie en arrivant chez moi. Néanmoins il me semble qu'une bonne partie des documents que tu cites ne sont pas à ma disposition.

Merci d'avance pour la traduction, sinon un scan ou des photos suffiront, j'arrive à comprendre l'anglais. Very Happy

Jeremiah, le bouquin que tu traduis, j'ai réussi à l'acheter, il va m'arriver complet d'ici peu, si jamais des passages manquants t’intéressent, tu me le fais savoir, je te les scannerai !


J'ai aussi acheté (pas encore reçu celui là non plus) le livre; Rangers in WWII de Robert W. Black

Le cimetière Américain de Colleville m'a aussi fourni des photocopies du listing des 2nd Rangers avec les KIA (Lieu & Date)

Encore merci à tous pour vos efforts les gens ! Je vous invite boire un verre à la maison dès que vous voulez !

J'espère vous voir en Aout ou septembre pour une visite de Keringuar ou aux journées du patrimoine !

Cordialement
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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  doucet le Ven 26 Juil 2013, 10:44

Bonjour;
Il y a également ce site

http://www.specialforcesroh.com/browse.php?mode=viewroll&sort=n&catid=29

et celui ci, plus particulièrement dédié au 5th Rangers

http://www.fifthrangers.org/toc.html

bonne journée

JMD

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  doucet le Mer 14 Aoû 2013, 10:04

Vous trouverez ci dessous la traduction  d’un extrait du livre écrit en 1948 par le PFC M.Prince, intitulé « Overseas and then over the top » racontant l’histoire de la compagnie A du 2ème bataillon de Rangers au cours de la seconde guerre mondiale.
Cet extrait concerne l’épopée bretonne de cette compagnie.
Ce récit contient quelques incohérences  que j’ai marqué en italique (j’en ai peut-être oublié)
Bonne lecture
JMD

première partie
1. le Folgoët
Notre long voyage de Mayenne vers notre nouvelle base d’opérations du Folgoët fut une marche triomphale. Le sentiment d’inconfort imposé par un trajet aussi long était effacé par les accueils chaleureux et les remerciements des populations. Dans chaque village traversé, les habitants, alignés le long de la rue principale, acclamaient notre progression. Quelque soit l’âge ou le sexe, ce n’était que cris de remerciement et d’encouragement, des fleurs et des fruits nous étaient tendus et à chaque halte, sortaient les bouteilles de vin ou de cidre. En retour, nous leur envoyions, surtout aux jeunes enfants, des échantillons de nos rations K, et contemplions avec humour les luttes qui suivaient pour la possession de ces articles.
La contemplation des paysages permettait de rompre avec la monotonie de notre morne voyage. Nous notions les similitudes et différences entre la Bretagne et la Normandie, mais la plus grande différence apparaissait au niveau des villes et des habitations. Tandis qu’en Normandie, les maisons semblaient marquées à vie par les résultats des bombardements, autant ici, tout était épargné des horreurs de la guerre et conservait leur cachet pittoresque.
Après 20 heures de trajet, seulement interrompues par un arrêt pour faire le plein des véhicules, nous atteignîmes Le Folgoët. Nous étions tous fatigués par notre voyage, mais nos esprits étaient au maximum. Le travail de libérateur est généralement un travail agréable. Cela nous rendait heureux de voir que notre combat était apprécié de tous. Les populations étaient conscientes que grâce à notre aide, elles avaient retrouvé la liberté perdue depuis 4 ans et nous le faisaient savoir.
Notre premier bivouac fut un grand champ à l’extérieur de la ville, endroit agréable pour planter nos tentes. La configuration du champ était idéale pour l’exercice et, la proximité de la ville du Folgoët nous garantissait la présence de vin et de femmes. Ces deux promesses furent tenues.
Notre bataillon fut placé en réserve du 8th corps. Un programme d’entrainement léger fut mis en place axé sur les travaux sur cartes. Entraînement physique et sportif (softball) ainsi que marches forcées permirent de garder la forme.
Les soirées étaient occupées par des parties de cartes pour les uns, des séances d’écriture de lettres pour les autres. Quelques téméraires se glissèrent hors de limites du camp pour se divertir avec du vin et des femmes. En quelque sorte, une vie bien monotone.
Le 21 août, notre compagnie reçut une mission de combat. Rien de plus qu’une patrouille motorisée, conduite par le 1er peloton. Sa mission était de prendre contact avec des unités de la 8ème division d’infanterie, en position dans une zone à l’est de Saint-Renan et de mener une reconnaissance devant leurs lignes.
Tôt le matin, le peloton quitta le camp à bord d’un camion une tonne et ½. Arrivé au contact des unités de la 8th division sans rencontrer de problème, un briefing leur indiqua que selon des informations une arme automatique bien camouflée se trouvait dans le secteur, arme ayant déjà causé de nombreuses pertes.
Le peloton mit pied à terre et se sépara en plusieurs patrouilles, chacune ayant un secteur à couvrir. La recherche commença avec beaucoup de précautions. Malgré tous leurs efforts, aucune trace de l’arme ne put être remarquée. Soudain, au beau milieu d’une éclaircie météo, un barrage de 88 mm leur tomba dessus. Puis, l’ennemi ouvrit le feu avec ses armes automatiques sur la patrouille conduite par le Lt. Meltzer. La première explosion tua le Lt. sur le coup, blessant grièvement 3 autres soldats. Les autres groupes durent se replier et trouver un abri. Le P.F.C. Roberts, secouriste du peloton, tenta d’apporter du secours aux blessés, mais il fut touché. Le peloton se réorganisa et sortit de la zone du bombardement ennemi. Les hommes firent encore une tentative pour secourir les blessés, mais l’artillerie ennemie les en empêcha une fois encore. Le peloton fut obligé de reculer jusque dans nos lignes où un soutien de tir de mortier fut demandé, mais sans position connue de l’ennemi, le barrage de riposte ne fut qu’un gâchis de munitions. L’artillerie allemande empêcha toute mission de secours. Le peloton finalement abandonna et rentra au camp, non sans s’être auparavant assuré que la 8th irait récupérer les blessés, dès la nuit tombée. Cet évènement fut une expérience traumatisante pour les membres du peloton.
Rmq : tous les soldats furent retrouvés, mais il était trop tard. Tous étaient morts à l’exception du « medic » qui fut rapatrié en Angleterre et rejoint le bataillon par la suite au sein de la compagnie C.
Les Rangers morts à Saint Renan : Lt. Meltzer, Cpl. Goldman, P.F.C. Bolema, P.F.C. Anagnos.
Le 22 août, changement à la tête de la Co A. le Lt. Mc Cullers, affecté à l’état-major de la compagnie, est remplacé par le 1st Lt. Arman, en provenance de la Co F. 1st Lt. Arman a combattu à la pointe du Hoc (Dday and Dday +1). Il y a montré son courage et ses compétences et a été décoré de la Silver Star.
Le 24 août, le bataillon reçut une mission de combat, la première depuis le débarquement. Nous étions chargés de couvrir le flanc droit du 175th regiment, au sein de la Task Force Sugar. Les compagnies D, E et F étaient également de la partie.
Nous patientâmes trois jours avant de rejoindre nos frères d’armes avant que de rejoindre notre nouveau PC, situé à Ploumoguer. C’est de cet endroit que nous irions à la rencontre de notre ennemi mortel.
Nous désirions ardemment rejoindre le combat, car nous avions des comptes à régler avec ses fils de p…. Nos camarades morts n’avaient pas été vengés et nous avions que nous ne pourrions pas avoir l’esprit en paix tant que cela n’aurait pas été fait.

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  doucet le Mer 14 Aoû 2013, 10:05

la suite
2. le Conquet –la batterie Graf Spee

Nous venions juste de creuser nos trous, dans un endroit qui se trouvait à portée de la batterie d’artillerie qui couvrait les approches terrestre et maritimes de Brest, lorsque le bruit courut qu’une mission de patrouille nous serait dédiée. Matériel et armes vérifiés, nous embarquions dans nos camions vers le front.
Notre mission était d’attaquer un point d’appui ennemi de l’autre côté de Ploumoguer. Les défenses allemandes consistaient en un ensemble de bunkers couverts par des emplacements à ciel ouvert. L’armement était constitué par des mitrailleuses et des pièces anti-aériennes pouvaient être utilisées en tir terrestre, le tout entouré par des champs de mines (Stutzpunkt Re 311 DONAU, région de Kervélédan). L’effectif supposé variait de 50 à 100 soldats allemands.
Initialement nous étions supposés faire cette mission et rentrer à notre base de Ploumoguer, mais le futur montra en quoi nous nous trompions, car une fois Ploumoguer quitté, nous ne devions retrouver notre PC que 15 jours plus tard, après avoir nettoyé la péninsule du Conquet et réduit au silence les imposantes batteries de Lochrist.
Pour cette mission nous étions supportés par la Co C sur notre flanc droit, d’un groupe de FFI ayant pour mission d’assurer nos arrières, le tout accompagnés d’half-track canon (pour moi, il doit s’agir des TD du 644th, bizarre une telle confusion ) de la compagnie d’état-major.
Nous mîmes pied à terre environ plusieurs centaines de yards de la position ennemie, puis gagnèrent nos positions de départ. L’effectif pour cet assaut était de 66 hommes et 3 officiers.
Les tirs des 75 mm des half track secondés par les mortiers de la Co C protégèrent notre avancée. La riposte ennemie était faible, un peu d’artillerie, pas de tir d’infanterie. Notre avancée se faisait par sauts de puces, profitant des obstacles de Dame Nature pour masquer notre approche. Toujours sous le couvert des mortiers et des 75 mm, nos éclaireurs parvinrent à un coin du champ de mines. Ils étaient en train de trouver un chemin à travers, lorsque les Allemands hissèrent un drapeau blanc. Une trêve fut immédiatement déclarée et tous se rendirent sans condition.

Bilan : 70 prisonniers que nous partageâmes avec Co C, aucune perte dans nos rangs. Un gros stock d’armes d’infanterie et toutes les pièces d’artillerie détruites.
Nous prîmes des positions défensives pour la nuit, envoyant quelques patrouilles pour sonder le terrain. Nous avions accompli notre boulot, prêt à recommencer le lendemain.
Le lendemain (28/08), l’objectif à atteindre était un point d’appui situé dans la région de Trézien. Cette position fortifiée et ses avant postes semblaient être la première ligne de défense de la batterie Graf Spee. Des communications directes assuraient une couverture mutuelle entre les deux positions.
Les emplacements ennemis étaient dispersés, notre tâche serait de les capturer un par un.
Notre méthode d’approche fut identique à celle utilisée le jour précédent, à savoir avancer sous la protection de nos mortiers et canons de SP et profiter de l’avantage offert par les haies pour rester invisible le plus longtemps possible. A l’issue d’une courte bataille, l’ennemi hissa le drapeau blanc. 94 soldats allemands furent capturés, 9 blessés mortellement, et grâce au ciel, aucune perte de notre côté.
La matinée du 29, nous fûmes envoyés vers des positions ennemies situées dans la région de Kerichen (sud de l’ansede Porsmoguer). Débarqués en dehors de la ville nous prîmes une direction sud ouest. Notre point de rassemblement se trouvait à plusieurs centaines de mètres de la position allemande. Quelques obus d’artillerie nous tombèrent dessus, mais nos tirs de contre batterie neutralisèrent les canons ennemis. Aucune perte à déclarer. Comme la veille, les Allemands se rendirent rapidement. 72 furent envoyés à l’arrière, 6 Jerries de plus avaient rejoint leur Créateur.
Encore une journée bien remplie ! Désormais nous formions une vraie équipe, pleine d’assurance et prête à faire mal aux Allemands.
Nous passâmes la nuit au bivouac, après avoir touché un complément de munitions et de nourriture.
La bataille du lendemain fut un vrai combat. Nous devions prendre une position ennemie située près de Kerlogué (?????). Cette position était protégée par la mer sur son arrière et dominait toute approche frontale ou latérale.
Arrivés à quelque distance des Allemands, nous creusâmes nos trous. L’artillerie allemande commença à nous bombarder. Nos propres mortiers et canons répliquèrent, mais sans résultat significatif. Nous reçûmes l’ordre d’attaquer et nous mîmes en formation d’assaut. L’artillerie et les mitrailleuses nous dispersèrent et nous forcèrent à ramper. Nous continuions à avancer, évitant miraculeusement les pertes. Nous arrivâmes à environ 400 m de la position ennemie, obligés de stopper car le terrain devant nous était nu et tenter une attaque dans ces conditions aurait été suicidaire.
Un déluge d’obus précis nous força à nous replier vers l’arrière. Les observateurs ennemis étaient bons et avaient l’avantage du terrain. Nous essayions de nous rapprocher par différentes manœuvres, mais le feu ennemi nous obligea à rester le nez dans le sol. 2 soldats furent blessés par un obus de mortier et, après les premiers soins, furent dirigés vers l’arrière pour être hospitalisés.
Lorsque la nuit tomba, nous étions presque revenus à notre point de départ. Nous creusâmes des tranchées le long d’un chemin parallèle et à environ 500 m de la position ennemie.
La nuit fut pénible. Corvées d’eau et de nourriture étaient des missions dangereuses sous le feu des mitrailleuses et des explosions. Nous étions tous en train de prier et de suer. Nous venions de découvrir ce qu’était le vrai combat et commencions à craindre pour nos vies. Nous capturâmes deux soldats isolés. Ils marchaient négligemment le long du chemin, les mains levées.
Le lendemain matin nous vît sur les mêmes positions que la veille, mais cette fois sur la défensive. Nous avions fait appel à l’artillerie divisionnaire et à l’aviation pour neutraliser la position. Malgré des résultats évidents, l’ennemi a refusé d’abandonner la position. C’était donc à nous, les trouffions d’aller l’extirper de ses positions retranchées, et nous essayâmes de le faire pour le mieux.
Cette journée fut identique à celle de la veille. Les bombardements ennemis nous empêchaient d’approcher. A la nuit, il fut décidé de nous renvoyer sur nos positions de départ et d’y passer la nuit. Des patrouilles furent envoyées vers les Allemands, mais elles furent obligées de replier sous les tirs de mitrailleuses et de mortiers.
Encore une nuit d’angoisse ! Fatigue physique et stress du combat commençaient à se faire sentir, le manque de nourriture également.
Le 02 septembre au matin, nous quittâmes Kerlogué, à l’exception d’une section chargée de divertir les forces ennemies D’autres combats nous attendaient. Il avait été décidé de réduire les autres positions allemandes de la péninsule et de revenir lorsque Kerlogué serait complètement isolé. Ainsi, nous pourrions l’attaquer cette fois par les flancs.
Le secteur qui nous fut attribué se trouvait dans la région de Trébabu. Notre entrée dans le bourg de Trébabu fut saluée par des tirs de sniper. Nos éclaireurs engagèrent promptement l’ennemi et abattirent 2 Allemands. Lors de notre progression, nous rencontrâmes une patrouille ennemie, 5 Allemands tués, 2 prisonniers. Nous stoppâmes au sud du bourg pour prendre une position défensive dans un champ. Nos patrouilles rencontrèrent un ennemi bien retranché, possédant une grande puissance de feu et elles durent se replier. Nous étions en permanence en attente d’une contre attaque. Par intermittence, nous recevions des obus allemands qui éclataient au milieu de nos fox holes. Quelques Rangers furent légèrement blessés par des éclats.
Encore une nuit passée dans ces trous, sous la pluie cette fois. C’est dans de telles occasions que l’on voit la misère du soldat au combat. Nous mangions nos rations en silence, à même la boîte. Nous fûmes rejoints par la section laissée à Kerlogué
Le 03 au matin, début de mouvement pour la compagnie moins une section du second peloton détaché à un groupe de tank destroyer chargé d’épauler la Co C. Nous devions avancer vers le sud ouest, assez proche de la Co C. Notre progression fut ralentie par des patrouilles ennemies. Chaque escarmouche se termina de la même façon. Après un bref mais bref engagement, l’ennemi était submergé et nous poursuivions notre avance. 11 Allemands restèrent derrière nous.
Nous nous mîmes sur la défensive quelque part dans le sud ouest de Trébabu., conservant le contact avec la Co C afin de former une ligne fermée. Des patrouilles furent envoyées afin d’entrer au contact de l’ennemi, notamment deux tireurs d’élite armés de Springfield M1903 équipés de lunette télescopique. Ils devaient abattre un officier allemand qui avait été repéré par l’une de nos patrouilles. Ils prirent position dans un arbre avec un bon angle de tir sur la position ennemie et attendirent que l’officier fasse son apparition. Ce fut fait le jour suivant et lorsque ce dernier apparut, les tireurs l’abattirent. Ils ne purent clairement établir son décès mais rendirent compte qu’ils avaient accompli leur mission. Pendant ce temps, nous renforcions nos positions dans l’attente de l’arrivée du reste du bataillon.
L’artillerie ennemie en général, et celle de Lochrist plus particulièrement nous faisait passer des nuits blanches. A chaque départ de 280 mm, le souffle créé nous soulevaient de nos trous quoique distants de plusieurs centaines de yards. Les obus faisaient le bruit d’un train en marche. Je suis heureux qu’aucun de ces obus ne soit tombé sur nos positions, au contraire de la Co C qui eut la désagréable expérience de voir quelques obus tomber à proximité.
Cette nuit, les Allemands attaquèrent sur notre flanc gauche. La Co C reçut l’assaut principal et le repoussa avec l’aide de notre artillerie qui dispersa l’ennemi à coups d’obus au phosphore et de 105 mm. Les Nazis furent arrêtés net. Notre compagnie ne fut pas concernée par cette attaque.
Le matin du 04 nous vît sur les mêmes positions. Des patrouilles furent régulièrement envoyées pour nettoyer et sécuriser notre secteur. Nous avions éliminé la plupart des points d’appui et nous préparions pour l’assaut final contre le bastion de Lochrist. Les Allemands nous tiraient dessus par intermittence. De l’autre côté, notre artillerie nous était d’un excellent secours. Les obus au phosphore pleuvaient sur les positions ennemies. L’aviation tactique apporta également son concours à la neutralisation des positions allemandes. Jour après jour, météo le permettant, nous pouvions les voir mitraillant et bombardant les bunkers ennemis, détruisant ses communications. Quel spectacle de voir ces courageux pilotes, aux commandes de leurs machines, piquer vers le sol, mitrailler, remonter vers le ciel en esquivant les tirs anti aériens.
Le 05 septembre se déroula comme la veille. Obus allemands d’un côté, riposte de notre artillerie, la routine ….. Et surtout la solitude du fantassin dans son fox hole, qui espère qu’un obus ne portera pas son nom. Le seul évènement fut le retour de la section qui avait été détachée à la Co C.
Le 06 septembre, notre mission fut de créer une diversion et d’attirer l’attention de l’ennemi dans un secteur au sud de notre position pour que les Co D, E et F puissent lancer l’assaut principal. Nos avançâmes d’environ 1000 m, neutralisant les Allemands rencontrés sur notre chemin. 20 blessés et 20 prisonniers de plus. Dans notre mouvement, nous traversâmes la route reliant Le Conquet à Brest, isolant ainsi l’ennemi. Co C avançait de conserve avec nous.
Nous nous enterrâmes pour la nuit. Bien que nous n’ayons plus à craindre de voir un obus de 280 mm tomber dans notre périmètre, ce fut encore une nuit blanche ponctuée par le passage des obus de Lochrist.
Le 07, nous reçûmes l’ordre de prendre le bourg de Kerezou , que nous trouvâmes vide d’ennemi. Nous prîmes position à cet endroit, consolidant nos défenses en coordination avec les autres unités sur nos flancs. Nous étions dans les derniers préparatifs de l’attaque finale de la batterie Graf Spee. L’artillerie et l’aviation nous neutralisaient les points d’appui allemands. Notre secteur avait été nettoyé de tous les avant postes participant à la défense de la position de Lochrist.
Le 08, nous vîmes dans la région de Liettes (??????), en direction du sud. Nous avancions le long de la route reliant Brest au Conquet. Les contacts avec l’ennemi furent sérieux. Nous devions gagner chaque pouce de terrain. Nous fîmes 44 prisonniers et tuèrent 6 Allemands, sans aucune perte de notre côté. A la nuit, nous étions dans un champ clos, pratiquement sous le nez de l’ennemi. Des obus éclataient en permanence et les tirs de mitrailleuses nous obligèrent à nous enterrer profondément.
Le 09 septembre fut notre dernier jour dans cette zone. Une patrouille de combat composée du 1er peloton dans son intégralité, commandé par le Lt Edlin, pénétra dans le système défensif allemand et obtint la capitulation de toute la garnison de Lochrist. Un total de 814 soldats se rendit et tous les matériels de la batterie tombèrent entre nos mains.
La patrouille, à l’origine formée par le peloton entier, se divisa en plusieurs groupes. Seule une section, chargée de servir d’appui au cas où, resta en arrière. Un groupe de 4 hommes commandé par le Lt avancèrent rapidement. Traversant le champ de mines sans encombre. Ils prirent par surprise et sans combattre une position où se trouvaient 2 Allemands armés d’une mitrailleuse. Alors que 2 Rangers restaient pour garder ces prisonniers ; le Lt Edlin et un autre Ranger (Sgt Courtney) continuèrent sur leur chemin. Ils trouvèrent l’entrée d’un hôpital souterrain et capturèrent un médecin de haut grade. Ils lui firent appeler le colonel commandant la batterie afin de discuter des termes de la reddition de la garnison de Lochrist. Le colonel, et sachant sa position totalement encerclée, réalisa que la situation sérieuse dans laquelle il se trouvait ne lui offrait que la reddition comme finalité. Il y eut seulement des discussions au sujet des conditions de la reddition, mais une grenade posée sur le ventre du colonel lui fit entendre raison et il accepta la reddition inconditionnelle demandée par le Lt Edlin. En attendant, le reste de la compagnie avait pénétré dans la position par une autre voie et tout se trouvait sous le contrôle des Rangers. Notre colonel arriva et vers 1330 et il signa avec le colonel allemand la reddition officielle dans le bourg de Saint Mathieu.
Les prisonniers furent rassemblés et envoyés vers les lignes arrières. Un stock considérable d’armes et de matériel ennemi, d’origine diverse, fut remis aux autorités compétentes. Nous pûmes admirer les gros canons de 280 mm qui nous avaient causé des nuits blanches et inquiétantes. Leurs énormes casemates les rendaient imperméables à nos obus et à nos bombes. Nos casques rentraient facilement dans la bouche du canon et la taille de l’obus était équivalente à celle d’une bombe de bon diamètre. En comparaison les canons de 155 m de la pointe du Hoc semblaient chétifs.
Notre compagnie reçut pour mission de garder le site cette nuit-là. C’est la première nuit en deux semaines où nous pûmes nous détendre et prendre les choses un peu plus légèrement. La tension disparut de nos visages. Parmi le stock de matériel allemand découvert, nous découvrîmes beaucoup de vin et d’alcool. Nous nous permîmes quelques libations et nous grisâmes de notre succès. Notre nuit fut paisible, seulement perturbée par les ronflements de ceux qui avaient trop abusé de ces stimulants liquides.
Bien qu’une grande partie de la péninsule du Conquet fût tombée entre nos mains, il restait des poches à neutraliser, dont celle de Kerlogué qui nous avait bloqués lors de notre précédente attaque. Mais, désormais nous étions en position de l’attaquer de n’importe lequel côté.
Le matin du 10, les camions nous déposâmes à Kervaouern (????). Nous gagnâmes notre position de départ à un peu plus de 400 mètres de la position ennemie. Un barrage d’artillerie, de tirs de mortier et de canons de T.D précéda note attaque. Nous étions placés sur le flanc de l’ennemi. Seule nous séparait une profonde vallée large d’environ 100 m. La position ennemie nous dominait lui donnant l’avantage visuel.les Allemands étaient bien retranchés et leurs bunkers imprenables seraient difficiles à maîtriser. Les tirs directs ricochaient sur ces forteresses, ne leur causant que de légères bosses.
En position sur le sommet d’une colline, nous attendions l’ordre de notre lieutenant, près à dépasser les limites ( litt : to go over the top). Nous descendîmes le flanc de notre colline, terrain sans aucune protection. Nous nous sentions aussi dépourvus qu’un bébé qui vient de naître. Notre artillerie et mortiers nous fournissait une bonne couverture. Quelques tirs d’armes individuelles et de mortier tirant trop loin génèrent notre progression. Nous atteignîmes le sommet de la colline et commençâmes à chercher notre chemin dans le champ de mines. Nous étions à l’abri de tirs directs, mais toujours sous la menace des mortiers et des grenades. Nous contournâmes le coin d’un autre champ de mines et longèrent un ruisseau parallèle à la position ennemie. L’eau était profonde, un tir de mortier ennemi tombait loin derrière nous. Nous atteignîmes un endroit et escaladâmes la colline ennemie protégés par le terrain. Nous établîmes le contact avec la Co. C qui était partie de l’autre côté. Coordonnant nos efforts, nous attendîmes l’effet de l’un de nos tirs de barrage pour bondir à l’attaque. Aucun coup de feu ne fût tiré lors de notre assaut, car les Allemands avaient décidé de se rendre. Ils hissèrent un drapeau blanc sur le toit d’un bunker et se rendirent sans condition. 75 prisonniers, que nos partageâmes avec le Co C, furent envoyés à l’arrière.
Nous nous jetâmes sur tout le matériel et les équipements pouvant servir de butin. Pistolets, médailles, drapeaux, tous les souvenirs qui pouvaient tomber dans nos mains. Un jour entier de pillage ! Petite et juste compensation au regard de ce que nous avions accompli. De toute façon, les Allemands, là où ils allaient n’en auraient plus besoin.
Cet épisode clôt le chapitre sur la libération de la péninsule du Conquet. La soirée du 10 se passa au bivouac de Ploumoguer. Nous fûmes retirés de la 29th et reverser à la réserve du 8th Corps.


doucet

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  doucet le Mer 14 Aoû 2013, 10:06

et la fin
3. la péninsule de Crozon ( le Fret)

Notre compagnie avait traversé la campagne de la libération de la poche du Conquet avec panache. Notre potentiel n’avait pas été particulièrement affecté et notre moral était au beau fixe. Nous étions un peu fatigués, mais cependant, nous demeurions toujours des Rangers insouciants et insolents.
Nous étions stationnés près de Ploumoguer, à Kervaourn (????). Pendant 3 jours, ce fut la vie facile. Nous avions un million de choses à faire, enfin celles interrompues par nos combats, écrire à nos familles et nos bien aimés ; emballer avec précaution notre butin de la campagne de Brest afin de pouvoir l’exhiber fièrement lors de notre retour en Amérique. Savon, eau, rasoirs et brosses permirent d’enlever toute la saleté accumulée en deux semaines de combat.
Quelques casse-cous avaient récupéré des motos allemandes et leur pétarade a plus d’une fois perturbé la somnolence qui régnait dans le camp.
Le 14 septembre, nous nous préparâmes à déménager pour gagner notre nouveau bivouac. Nous étions 63 soldats et 3 officiers, au meilleur de notre forme physique et mentale.
Notre campement se trouvait dans un champ entre Landerneau et Lesneven. Le site était agréable, mais ce qui nous plaisait le plus c’est que nous étions à égale distance des 2 villes. Pendant notre court séjour, nous avons eu la chance de fréquenter les 2 commune qui, toutes deux, étaient des lieux de plaisir. Il y avait des cafés où le mot soif était inconnu. Nous passâmes beaucoup de temps dans ces villes à boire et à rencontrer gratuitement la gente féminine. Les gens étaient accueillants, amicaux et se conduisaient comme des hôtes parfaits.
Nous étions les bienvenus, traités comme libérateurs et des conquérants. Cela nous réchauffaient le cœur de fréquenter ces civils.
Le 17 septembre, on nous affecta une mission de combat. Le siège de la ville de Brest touchait à sa fin. Nos troupes contrôlaient une grande partie de la ville, seules le port militaire et la base sous marine résistaient encore. La péninsule de Crozon, qui comme la péninsule du Conquet, appartenait au système défensif de la ville, était encore entre les mains des Allemands.
La ville d’Argol était notre nouveau point de rassemblement. Attaché à la 8th division, notre bataillon avait reçu pour mission de relever la Task Force A et de prendre le bourg du Fret, tenu par les Allemands.
Après un exposé de situation et un court briefing, noud prîmes notre formation de marche et nous préparâmes au combat. Après avoir relévé nos camarades, nous continuâmes vers notre objectif.
Pas de résistance ennemie, peu de combat, tout son dispositif était en train de s’écrouler. Nos troupes faisaient des centaines de prisonniers. La Co A en captura 78 qui furent immédiatement envoyés vers l’arrière.
Dans la soirée, nous entrâmes dans le bourg du Fret. 1600 Allemands dont près de 1000 étaient allongés furent capturés. Ce jour vit également la reddition de la ville de Brest. Au Fret, aucun signe de résistance de la part des Allemands, comme si la ville avait été déclaré ville ouverte et n’avait été utilisé que comme un hôpital de campagne. Tous les blessés de la bataille de Brest y avaient été transportés par la mer. Nous avons toujours considéré cette campagne comme la plus grande farce de notre carrière. Imaginez les rudes Rangers capturant une ville hôpital où tous les défenseurs sont alités ou estropiés. En plus de la capture du bourg, nous avons assuré la libération de 400 prisonniers Américains, capturé lors des campagnes de Normandie et de Brest.
Nous avons établi notre bivouac dans un champ à proximité du centre ville et installé des check points. Quel spectacle étrange de voir ces Allemands, sous couvert des règles de la convention de Genève, libres de circuler librement et d’errer dans la ville, enfin ceux qui le pouvaient. Etrange également de voir les vainqueurs dormir dehors sur le sol et les vaincus dormir dans des lites. Quelle guerre ! (en français dans le texte)
Notre ressentiment fut un peu apaisé par l’apparition de butin en liquide. Nous noyâmes notre chagrin dans l’alcool et nous réjouissant à la pensée que cela aurait pu être pire.
Le lendemain, nous fûmes relevés par un bataillon de la 28th division (erreur de frappe, 8th division plutôt). Nos camions nous emmenèrent vers un autre point de rassemblement. Nous fûmes de nouveau affectés à la réserve du 8th Corps. Toute la presqu’île de Crozon était tombée entre nos mains et le commandant en chef de la Festung Brest, le général Ramcke, devint l’un de nos prisonniers.

4. Landerneau et Lesneven

Le 20 septembre, les camions nous déposèrent dans un champ en dehors de la ville de Kirbilben, commune située le long de la route reliant Landerneau à Lesneven. Ne résistaient plus que les poches de Lorient et de Saint-Nazaire. Notre mission était terminée donc nous fûmes mis en repos administratif.
7 jours de vacances et de plaisir où nous retrouvâmes nos connaissances de Landerneau et de Lesneven. Notre chef du deuxième peloton, le Lt Porubsky fut nommé au grade de 1st Lt. Une cérémonie fut organisée en son honneur, beaucoup de boissons et de congratulations……..
Le 28 septembre, notre bataillon embarqua à bord d’un train dans la gare de Landerneau, vers une nouvelle destination, un nouveau pays, un nouveau champ de bataille.
Ce jour, 63 soldats et 3 officiers embarquèrent dans les fameux 40 hommes – 8 chevaux vers de nouvelles contrées et aventures.

A+

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  jeremiah29 le Mer 14 Aoû 2013, 16:10

Salut JM
Merci pour cet intéressant témoignage !..

"Les Rangers morts à Saint Renan : Lt. Meltzer, Cpl. Goldman, P.F.C. Bolema, P.F.C. Anagnos."
Merci pour les infos concernant les morts du 21 août. Signalés tués au Folgoët, personne n'avait connaissance de plusieurs GI morts sur la commune...

Juste quelques réponses aux divers lieu-dits :

"La bataille du lendemain (31/08) fut un vrai combat. Nous devions prendre une position ennemie située près de Kerlogué (?????). Cette position était protégée par la mer sur son arrière et dominait toute approche frontale ou latérale."
Lieu-dit Kerlogué situé 2.2 km au SO du bourg de Ploumoguer.
La position allemande évoquée est le StP de la pointe d'Illien.

"Le 07, nous reçûmes l’ordre de prendre le bourg de Kerezou , que nous trouvâmes vide d’ennemi."
Il s'agit là du manoir de Keruzou.

"Le 08, nous vîmes dans la région de Liettes (??????), en direction du sud. Nous avancions le long de la route reliant Brest au Conquet."
Vu la graphie employée, il est probable que le lieu-dit évoqué est Trèfles juste au nord de la route Brest/Le Conquet.

"Le matin du 10, les camions nous déposâmes à Kervaouern (????)."

Ici le lieu-dit est Kervilouarn, environ 1,6 km à l'est du StP de la pointe d'Illien, 3 kms au SO du bourg de Ploumoguer et 1,3 km au nord de Trébabu.

"Nous étions stationnés près de Ploumoguer, à Kervaourn (????)."

Ici toujours Kervilouarn...

"Le 20 septembre, les camions nous déposèrent dans un champ en dehors de la ville de Kirbilben, commune située le long de la route reliant Landerneau à Lesneven."

Le lieu-dit Kerbilbren est situé à mi-chemin sur l'actuel axe "Echangeur de Saint-Eloi/Ploudaniel", environ 3,5 kms au Sud de l'église de Ploudaniel.

_________________
Cordialement... Very Happy
Laurent

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  doucet le Mer 14 Aoû 2013, 16:15

bonjour, Lo
merci pour ces éclaircissements. Je reconnais que j'ai un peu galéré, surtout pour Liettes
A+
JMD

PS: pour ceux que cela intéresse, je possède le livre couvrant toute l'épopée au format PDF

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Re: 2nd Rangers Battalion

Message  Priol le Sam 17 Aoû 2013, 16:31

Merci à vous deux pour vos partages très précieux !
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